Le Silence de la mer [ et autres récits ] de Vercors 11
Le Livre de Poche - 180p

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# Présentation #  d'après Livrenpoche.com

C'est la guerre qui le conduit à délaisser la gravure pour l'écriture qu'il conçoit alors comme une arme de combat. Après avoir écarté les tentations d'un désespoir « pervers et stérile », Vercors s'engage totalement dans la Résistance. Celui qui signera désormais ses oeuvres de son nom de guerre est persuadé que la lutte contre l'envahisseur nazi est la seule voie pour maintenir le « fragile flambeau » de la dignité humaine.

Lorsque le Comité National des Ecrivains décide en 1942 de créer une maison d'éditions clandestine, les fameuses Editions de Minuit, Le Silence de la mer est le premier titre publié. Une vingtaine d'autres suivront jusqu'à la Libération, mais c'est le texte inaugural de Vercors qui connaît le plus grand retentissement.
Cette sobre histoire, où une famille française s'oppose par le silence à l'officier allemand qu'elle a été obligée de loger, est diversement accueillie à l'époque. Certains veulent y voir une manoeuvre des collaborateurs, en raison du portrait valorisé de l'officier allemand, musicien et homme de grande culture. Mais la plupart des lecteurs comprennent qu'à travers le personnage de von Ebrennac, Vercors invite l'Allemagne à demeurer fidèle à sa tradition humaniste pour mieux s'opposer à la barbarie hitlérienne. Et jamais le récit ne se départit de son silence « obscur et tendu », tandis que grouille « la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées qui se nient et qui luttent ».

Les textes qui accompagnent ici Le Silence de la mer ont une portée peut-être moins complexe mais tout aussi forte.
L'auteur restitue l'atmosphère tragique des arrestations (Ce jour-là), l'atroce emprise du monde des tortionnaires (Le Songe) et les ravages qui indirectement en découlent (L’impuissance). Si Le Cheval et la mort révèle l'horrifique visage de Hitler, L’mprimerie de Verdun montre de façon saisissante l'insidieuse fascination exercée par Pétain sur un homme qui, pour s'être soudain élevé contre le racisme, finit en camp de concentration.

Tous ces récits forment un implacable plaidoyer contre les ennemis de l'homme, en même temps qu'ils lancent un vibrant appel aux vertus d'un humanisme conscient de ses devoirs.

# Mon Avis #

Un recueil bouleversant.

Le style est plutôt simple [mais non simpliste]: vocabulaire accessible, phrases épurées. Le contenu en revanche est plein de complexité, de profondeur. D'émotion aussi.

J'ai surtout été touchée par les 2 premières nouvelles: Le Silence de la mer et Ce jour-là. Ces deux récits m'ont vraiment touché, remué.
Dans le 1er, l'auteur joue avec le silence, le rend palpable. Oppressant. C'est une histoire d'amour: amour d'un pays, amour à la Belle & la Bête, amour des hommes. Hymne à la résistance, mais la résistance intelligente, sans haine aveugle. Histoire tragique aussi, où la fin laisse un goût d'amertume.
Le 2ème est encore plus déchirant, de part sa simplicité, son style presque enfantin. Nous sommes dans la tête d'un enfant qui voit sa vie bouleversée...mais qui ne le sait pas encore, qui ne comprend pas ce qui se passe. Nous si. Nous, nous savons. Ce contraste m'a bouleversée [je sais, je suis sensible aussi...].
Dans les deux cas,l'essentiel n'est pas dit, tout est suggéré.

Vous l'aurez compris, je vous conseille fortement ce recueil...et je m'excuse pour cette critique laborieuse, j'ai eu du mal à trouver les mots pour en parler...