Mansfield Park de Jane Austen
Collection "Archi Poche" - 562p

Mansfield Park : Ou les trois cousines

# Résumé # [d'après Wikipédia]

Fanny Price est issue d'une famille pauvre qu'elle quitte à l'âge de dix ans pour vivre avec son oncle et sa tante, Sir Thomas et Lady Bertram, à Mansfield Park. Sir Thomas désire en effet aider Mrs. Price, la mère de Fanny et la sœur de Lady Bertram, en prenant en charge l'éducation de Fanny.

Celle-ci est donc élevée avec ses cousins, légèrement plus âgés qu'elle, Tom, Edmond, Maria et Julia, mais il lui est presque constamment rappelé qu'elle leur est inférieure. Seul Edmond fait preuve de gentillesse à son égard; Maria et Julia la méprisent, Tom ne lui prête pas attention. Fanny maintient une correspondance régulière avec son frère William, officier de la Royal Navy. Elle acquiert en grandissant, notamment au contact d'Edmond, un sens moral qui lui sert de guide pour toute chose. La gratitude et l'affection qu'elle éprouve à l'égard de son cousin se transforment au fil des ans en un amour qu'elle garde secret.

Les jours passent calmement à Mansfield Park, jusqu'au jour où Lord Bertram part aux Caraïbes et que de nouveaux jeunes gens font leur arrivée dans les environs : Mr. et Miss Crawford, frère et sœur de la femme du nouveau pasteur. Leur arrivée bouleverse la vie austère de Mansfield Park, sous les yeux de Fanny...

# Mon Avis #

Mansfield Park ( = MP pour la suite) est loin de faire l'unanimité chez les aficionados de Jane Austen. En le lisant, j'ai compris pourquoi...sans pour autant rejeter ce roman, qui m'a beaucoup plu quand même.

En fait, MP est un roman beaucoup plus sombre, plus réaliste que les autres. Il est très dense, touffu, il fourmille de détails et est emprunt d'une certaine mélancolie, loin de l'humour léger, pétillant d'Orgeuil et préjugés.

Oh, attention, l'humour est quand même présent, mais moins fréquent. Il est également plus implicite, et repose souvent sur une description, un personnage, une situation. En effet, Jane Austen se lâche, et personne n'est épargné, pas même l'héroïne. Loin d'être une simple histoire d'amour, comme pourrait le laisser entendre le résumé, ce livre est aussi une vraie satire sociale...come toujours chez l'auteur!

Quant aux protagonistes, c'est sûrement là que le bât blesse la plupart des lecteurs. Les personnages principaux sont moins "vivants" que dans d'autres oeuvres. L'héroïne n'a pas la vivacité d'une Lizzie, ni franchement un esprit spirituel; c'est une jeune fille douce et sensible, délicate, presque effacée. Le héros, lui, peut déranger par son côté un peu moralisateur et son aveuglement. Cependant, la tendre Fanny a réussi à m'émouvoir et a me toucher.

Enfin, MP m'a tenue en haleine jusqu'au bout: l'issue demeure incertaine et le fin mot de l'histoire n'est dévoilé que dans les dernières pages...Chose rare chez Jane Austen, où l'on devine en général aisement la fin, l'essentiel n'étant pas le dénouement pas la façon dont elle nous y amène.

Au final, un très bon roman, malgré un début un peu long et une fin, elle, que j'ai trouvé quelque peu expédiée. MP n'est pas mon Austen préféré mais il m'a assurément fait passer un excellent moment.