samedi 3 novembre 2007
Des magiciens au pays de Jane Austen
Bon après une longue absence, me voilà de retour avec un roman atypique, inclassable, phénoménal, imposant surtout !
J'ai nommé :
Jonathan Strange & Mister Norrell de Susanna Clarke
Robert Laffont - 850p
Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. Dans une scène éblouissante, il prête parole et mouvement aux statues de la cathédrale d’York. La nouvelle du retour de la magie en Angleterre se répand jusque dans les frivoles salons londoniens. Pédant, prétentieux, Mr Norrell devient pourtant la coqueluche de la noblesse londonienne. Mais lui veut davantage : aider le gouvernement dans sa guerre contre Napoléon. Il bloque les Français en rade de Brest grâce à une immense flotte anglaise composée de navires nés de la pluie, et dote les côtes britanniques de charmes protecteurs.
Aider le royaume d’Angleterre n’est pas l’unique obsession de Mr Norrell. Car il veut aussi, et surtout, éliminer tout rival possible. C’est compter sans la prophétie : Deux magiciens paraîtront en Angleterre. Le premier me craindra ; le second de me voir brûlera. Et bientôt il croise sur son chemin un brillant jeune magicien, Jonathan Strange. Ce dernier est charmant, riche, un brin arrogant, mais imaginatif et courageux. Mr Norrell, séduit, le prend pour élève. Ensemble, ils éblouissent le pays de leurs exploits. Mais leur association tourne vite à la rivalité…
Plus de deux millions d’exemplaires vendus à ce jour, prix Hugo, prix Locus du premier roman, BookSense du roman de l’année, roman de l’année du Time Magazine, traduit dans dix-sept pays, bientôt adapté au cinéma par les studios NewLine, Jonathan Strange & Mr Norrell, publié sous deux couvertures différentes (soit noire, soit blanche) est un phénomène.
# Mon Avis #
Ben à vrai dire, il m'est difficile de donner un avis clair et tranché. Ais-je aimé ce roman ? Hum... je ne l'ai pas détesté, c'est donc que j'ai aimé.
Au départ, je me suis offert ce livre grâce à sa superbe couverture. Disons le tout de suite : le livre, en tant qu'objet, est original et attirant. Mystérieux. Je me suis demandée ce que cachait cette couverture noire, ce pavé aussi épais que mon Encyclopédie Hachette 2000.
Seulement côté facilité de lecture, on repassera. Ce n'est pas précisement le type d'ouvrage que l'on glisse dans son sac à main... Jonathan Strange & Mr Norrell a donc attendu sagement sur une étagère que je me décide à l'ouvrir.
Alors, me direz-vous ? Cet achat impulsif en valait-il le coup ? Je pense que oui. Bien sûr cela ne plaira pas à tout le monde. La référence à J.Austen n'est pas exagérée, on retrouve son humour pince-sans-rire, sa verve ironique. On pourrait même ajouter une pincée de Dickens pour les descriptions et les personnages quelque peu loufoques...et l'humour, of course. Seulement on retrouve aussi leur côté, comment dire, un peu "lent". Il ne se passe pas grand chose dans cet ouvrage. Ou plutôt, il se passe des choses, mais sur un très très grand nombre de page.
Le rythme est de plus ralenti par une foultitude de notes, qui s'étendent parfois sur plusieurs bas de pages : références à de nombreux ouvrages (imaginaires !), anecdotes diverses... Bref, cela enrichit le livre, rend l'univers plus complexe, mais casse le rythme narratif.
Bien sûr, il y a de la magie; mais très peu. Nos deux magiciens ne sont pas des Gandalf, Belgarath ou autres Merlins. La magie n'est ici qu'un prétexte pourrait-on dire. Cela apporte une touche de fantaisie et d'originalité, aide l'action (si si il y a quand même un peu d'action ), mais ne vous attendez pas à voir des fées, elfes ou dragons à tous les coins de rues. En clair, la magie se trouve au centre de l'ouvrage mais on ne la voit que très peu agir.
Quant aux personnages, qu'en dire. Ils sont charismatiques, bien définis, parfois "loufoques" (à l'image d'un Mr. Micawber chez Dickens); mais attachants ? Pas vraiment. Autant chez Austen les héros & héroïnes me touchent, autant ici, hormis peut-être le couple Strange, je suis restée très extérieure aux protagonistes.
Néanmoins, j'ai quand même pris plaisir à savourer ce roman dense et touffu, son humour particulier. Malgré son rythme lent et une certaine absence d'empathie, j'ai eu du mal à le quitter (il m'a fait 3 jours ^^), surtout passées les 200 premières pages - qui correspondent en gros à une loooonnngue introduction [cf les premiers chapitres du Seigneur des Anneaux... (ou même le début de L'Homme qui Rit de Hugo)].
Bref, une très bonne lecture, pas la révèlation promise pas les critiques dityrambiques, mais un excellent moment tout de même. Je pense que cet ouvrage plaira sûrement aux amateurs de littérature anglaise du XIXème, de personnages singuliers, d'un humour discret mais qui fait mouche, et qu'une intrigue bien ficelée mais pas forcément très dynamique ne rebute pas.
mercredi 13 juin 2007
le "néo-GeorgesOhnet"
Parce que je t'aime de Guillaume Musso
XO Editions - 300p
# 4ème de couv' #
Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l'endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme. À la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations. Où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout pourquoi est-elle revenue ?
# Mon Avis #
Morwenna teste les phénomènes de mode: après Ohnet, voici Musso...
Allons, je vais tenter d'être le plus juste possible. Commençon donc par les points forts [si si il y en a, ne soyons pas extrémistes non plus].
Déjà le titre est aguicheur, impossible de le nier. La couverture intrigue, le résumé aussi. Bref, sur les étalages ça à tout pour faire envie.
Et une fois en main? Ma foi, ça se laisse lire. Mieux, ça se lit vite. Le style est plutôt agréable; les chapitres courts, la police taille XL participent aussi à cette rapidité. En prime, Musso nous présente une jolie galerie de personnages, qui vont comme par hasard tous se rencontrer un jour... Un peu comme chez Atkinson, la qualité et l'humour en moins. Ah pardon nous étions dans les points forts. Donc corrigeons: une jolie galerie de personnages assez attachants [point]. J'avoue mettre laissé prendre au jeu , on se demande ou l'auteur veut nous emmener...
...et bien pas très loin en vérité. Ou plutôt pas très haut, malgré une intrigue se déroulant pour une bonne partie dans une Airbus A380 [ oui oui ça se passe en 2006...cherchez l'erreur].
Certe le début m'a accroché, mais au bout d'un moment la lassitude a pris le dessus: trop de coïncidences par exemple. Cependant j'attendais quand même la fin. Après tout, il paraît qu'elle est surprenante, Musso nous invite même à une rien dévoiler à nos proches pour leur garder le suspense intact. Soit. J'aime les surprises.
Alors? Surprise or not surprise ? Et bien oui: la fin est inattendue...mais décevante. Première pensée : "tout ça pour ça ?!?!"...Oui c'est étonnant mais un peu creux. Et pour finir, 3 épilogues [oui, pas 1, ni 2, mais trois...c'est qu'il fait les choses en grand le Musso] façon Georges Ohnet, la phrase qui tue parfum guimauve en moins.
Au final, un roman qui plaira aux cerveaux fatigués en quête de repos et d'histoires romantiques faciles à lire [NB: avec "romantiques" j'entend "eau de rose", et pas l'incomparable mouvement du XIXème, avec au programme Hugo,Chateaubriand...Entre Dumas, Gauthier, Hugo et Musso il y a quand même un monde... Bref, fin de la parenthèse linguistique] ; histoires rosées donc, parfaites pendant des examens, une maladie, un voyage en train...
Les autres attendrons la sortie en poche [perso je l'ai piqué sur la PAL de ma mère dont pas de regrets], ou passerons leur tour...
Je passe le témoin à Bon Sens, dont j'aimerai bien avoir l'avis éclairé et sûrement mieux contruit que le mien...^^
Un honnête (!) roman à l'eau de rose...très rose
Le Maître de Forges de Georges Ohnet
Albin Michel - 290p

[ la couverture est rose à la base ^^]
# Résumé # d'après le blog Littéranet
XIXe siècle – village de Pont-Avesnes - Jura
Claire de Beaulieu est une jeune et belle aristocrate, fiancée au duc de Bligny, un homme superficiel et dépensier, mais qu’elle aime malgré tout. Alors qu’une demande officielle en mariage auprès de sa famille doit être faite, le duc disparaît, préférant épouser Athénaïs Moulinet, la plus farouche ennemie de Claire, une fille sans titres, mais détentrice d’une immense fortune. Ce qui permet au duc de racheter toutes ses dettes de jeu et de vivre dans une aisance qui lui aurait manqué s’il avait épousé Claire, dont la famille est complètement ruinée – ce qu’elle ignore. Elle épouse donc par dépit et par vengeance le maître de forges de Pont-Avesnes, Philippe Derblay...
# Mon Avis #
Là, je comprend mieux les critiques qu'essuya Ohnet à son époque. Autant La Grande Marnière m'avait à peu près paru profond, autant Le Maître de Forges m'a déçue. C'est une gentille romance, à la fin convenue.
Oh, je vais être juste: c'est sympa, distrayant, ça se lit plutôt bien. Un roman de plage, en somme.
Cependant, les personnages, bien qu'assez creusés, auraient pu être moins caricaturaux, et le contexte plus appronfondi. Parlons-en du contexte! Ohnet aurait pu réaliser une véritable fresque sociale, entre les luttes bourgeoisies/noblesses [ à peine effleurées], les problèmes ouvriers [nullement évoqués], il y a avait matière à ouvrage. Que nenni ! L'auteur se concentre surtout sur les difficultés de ses personnages, oubliant la vie autour. Fichtre! Nous sommes en 1880, la guerre avec la Prusse est finie depuis 10 ans et avec elle vient de naître la IIIème République; en 80 le gouvernement de Jules Ferry s'installe, accompagné de multiples réformes... Là aussi il n'en est mention nulle part.
Bref, à lire comme un Harlequin made in XIXème, avec ses côtés un peu machistes [ la jeune femme indépendante et enflammée devient plus sage, plus soumise, elle est "domptée" et paf! l'amour, le vrai, l'unique, arrive!], un peu mièvres [la dernière phrase est un chef d'oeuvre de guimauvre], mais plutôt distrayant: c'est léger et pas trop mal écrit.
--> Un assez bon moment, mais qui ne casse pas des briques: j'en attendais peut-être un peu trop...
L'avis beaucoup plus enthousiaste de Clélie, à qui j'ai "emprunté" le résumé: merci !
jeudi 31 mai 2007
Home Sweet Home
Rien de vaut la douceur du foyer de Mary Higgins Clark
Le Livre de Poche - 440p
# 4ème de couverture #
Elle s'était juré de ne jamais revoir la maison où sa mère était morte, où elle l'avait tuée. Bien sûr, elle n'était qu'une enfant, c'était un accident, mais pour beaucoup Liza Barton était une criminelle. Les années ont passé. Liza, devenue Celia, connaît enfin le bonheur. Jusqu'au jour où Alex, son mari, à qui elle n'a jamais rien dit, lui fait une surprise en lui offrant une maison dans le New Jersey… Mendham, la maison de son enfance. En guise de bienvenue, ils trouvent cette inscription, en lettres rouge sang : « Danger ! » Quelqu'un connaît la véritable identité de Celia et tente de lui faire endosser un nouveau crime.
# Mon Avis #
il y a quelques années, après une cure intensive de Mary Higgins Clark , je m'étais dis: "Plus jamais ça". Au bout de 4 ou 5 romans, j'ouvrais le livre, lisais quelques pages, et étais déjà à même de deviner la fin : j'avais trouvé ce que j'appelais alors la "Méthode Mary Higgins Clark" ou "Comment écrire un roman policier populaire".
Pour cela il vous faut: [Pour lire les spoilers, surlignez avec la souris...Ils sont à éviter pour ceux qui n'ont pas lu le livre. Ceux qui l'ont lu, ne veulent pas le lire, ou connaissent déjà la fameuse méthode peuvent passer outre]
- une héroïne jeune (une trentaine d'années), jolie, très classe, intelligente, forte et sensible à la fois;
- un milieu plutôt aisé, bourgeois + de la célébrité [ avocat/journaliste/photographe/décorateur connu];
- un méchant très méchant qui en veut à la jolie jeune femme, même si on ne sait pas trop pourquoi;
- un soupirant/concubain/mari: l'homme fort, attentif, aux petits soins [Attention SPOILER: qui se retrouve bien souvent le coupable!!! FIN DU SPOILER]
- un 2ème soupirant, moins présent, mais vraiment sous le charme de la damoiselle en détresse [Attention SPOILER :et qui la sauvera au dernier moment, quand elle se retrouvera seule aux prises du vilain méchant FIN SPOILER]
- quelques meurtres, des menaces [lettres, téléphone...], une irruption du passé [malheureux of course] dans un présent devenu paisible
- Facultatif: un enfant d'une dizaine d'année, espiègle, issu d'un 1er mariage
Voilà. Donc, quand j'ouvrais un nouveau MHC [pardonnez moi l'abréviation], il me suffisais de remettre chaque personnage dans sa case, et hop! j'avais le coupable [voir spoiler].
"Pourquoi donc as-tu relu un MHC?" allez vous me demander.
Tout simplement car je ne savais pas quoi lire. J'avais envie de changer un peu de registre, de sortir des romans "sentimentaux et intimistes" comme me l'a dit quelqu'un...Rien de vaut la douceur du foyer traînait alors sur une pile de livres achetés par ma mère. J'ai hésitée et me suis dis "allez, pourquoi pas? peut-être aura-t-elle rompu avec sa "Méthode". Déjà, le roman était écrit à la première personne. Le crime semblait commis par l'héroïne elle même. Hum... De la nouveauté en perspective?
Et bien, non. Pour l'originalité, on repassera. Le dénouement est [désespérement] prévisible [cf: spoilers de la "Méthode"], l'héroïne toujours aussi belle, intelligente, riche. Le môme est présent, l'irruption du passé aussi. M'enfin, il y a un truc que j'avais oublié: c'est que MHC sait vraiment entortiller son lecteur. Malgré l'aspect "on reprend les mêmes et on recommence", malgré la fin cousue de fil blanc, je me suis laissée attrapée. J'avoue: une fois dedans, j'ai voulu vite, très vite, savoir comment cela allait vraiment finir [on sait jamais, hein, des fois qu'il y ait une surprise à la fin...un imprévu.(Même pas en plus)]. Et comme ça se lit vite, hop, en une journée c'était bouclé.
En gros, pour résumer ce très long billet [sorry]: si c'est votre premier MHC, foncez, c'est un bon moment, divertissant, dont la fin vous surprendra sûrement [si si, la 1ère fois ça surprend].
Par contre, si vous connaissez l'auteur, plusieurs cas de figure:
- soit vous être fan, dans ce cas là, foncez aussi, cela ne vous décevra pas, vu que c'est dans la lignée des opus précedants.
- soit vous avez compris le système et en êtes blasé. A ce moment, pas la peine d'investir...à moins que vous ne vouliez un Harlequin-policier pour vous vider la tête.
Ah et puis, dernière remarque: je tiens à féliciter les éditions Le Livre de poche. Grâce à ce livre, elle remporte le Prix de la plus belle couverture 2007 [meuh non je ne suis pas ironique...].
mercredi 23 mai 2007
Histoire "voilée"
Soie de Alessandro Baricco
Folio - 142p
# Résumé #
Plus que le mortel ennui d'une vie répétitive, c'est une indifférence, une absence de résistance à la vie que Baricco suggère en ouvrant son roman par quelques phrases laconiques, purement énonciatives. Au début, Hervé Joncour fait penser à un spectateur repu qui se refuserait à intervenir dans la pièce qui se joue, et qui pourtant parle de lui.
Voyageur en quête d'œufs de vers à soie, il se voit contraint, pour sauver les industriels de son village, d'effectuer une expédition "jusqu'au bout du monde". Or, en 1861, la fin du monde, c'est un Japon qui sort à peine de son isolationnisme, et, qui plus est, de mauvaise grâce. Et c'est au Japon que la vie du héros prend un tour nouveau en croisant celle d'une femme mystérieuse.
À la fin du roman, plusieurs années se sont écoulées, qui ont paru un battement de cils raconté en douceur par une voix neutre qui a fait défiler sous nos yeux, tels des panneaux de papier de riz, les séquences successives de cette vie impalpable traversée par des personnages d'ombre subtile. --Sana Tang-Léopold Wauters pour Amazon.fr
# Mon Avis #
A force de voir ce roman sur la blogosphère, j'ai décidé de tenter le coup pour m'en faire mon propre avis. Disons le tout de suite:j'ai plutôt aimé, mais sans pour autant aller jusqu'à crier au chef-d'oeuvre.
C'est un très beau livre, au style délicat. Epuré. Léger comme de la soie. Les phrases sont ciselées, les personnages à peine esquissés: une voix, un regard...voilà ce qui nous les définissent. Les évènements, les phrases, se répétent, sans que cela soit ennuyeux.Au contraire, cela crée une sorte de litanie, douce mélopée envoûtante et sensuelle.
On note aussi beaucoup de non-dits, de passages à peine effleurés, survolés, voire encore mystérieux. Je pense que chaque lecteur aura ainsi son analyse personnelle des personnages et de leurs comportements. C'est un point fort mais aussi un point faible...à mon goût du moins. Parfois, j'aurais aimé plus d'explications, plus de détails. Moins de flou. Même si cela aurait sûrement gâché un peu l'ambiance du livre, j'ai attendu quelque chose qui n'est jamais venu. Heureusement que le livre est court, sinon cette attente se serait vite changée en ennui.
Au final, une lecture agréable qui m'a isolée 3/4 d'heure dans une bulle hors du temps. Cependant, une fois le livre fermé et quelques heures écoulées, le charme s'estompe déjà, l'histoire se floute. Il me reste surtout le souvenir d'un style, l'émotion d'un mot, d'une phrase...plus que l'émotion d'une histoire, qui, à dire vraie, ne m'a pas vraiment touchée.
jeudi 17 mai 2007
"Pas a pas, se va luènh"
Labyrinthe de Kate Mosse
Le Livre de poche - 830p
# Résumé #
Juillet 1209 : dans la cité de Carcassonne, Alaïs, dix-sept ans, reçoit de son père un manuscrit censé renfermer le secret du Graal. Bien qu'elle n'en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d'en assurer la protection et de préserver le secret du labyrinthe, né dans les sables de l'ancienne Égypte.
Juillet 2005 : lors de fouilles dans des grottes, aux environs de Carcassonne, Alice Tanner trébuche sur deux squelettes et découvre, gravé dans la roche, un langage ancien, qu'elle croit pouvoir déchiffrer.
Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu'elle vient de déclencher une succession d'événements terrifiants : désormais, son destin est lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant...
Traduit dans trente-six pays, Labyrinthe vient d'être récompensé aux British Book Awards.
# Mon Avis #
Ce roman me faisait déjà de l'oeil en grand format, mais trop de marketing tue le marketing: je n'avais pas envie de dépenser 22E dans un roman d'été commercial.
M'enfin là, avec la sortie poche, j'ai craqué.
Ais-je été déçue? Oui et non.
Ce que j'ai surtout apprécié, c'est le côté historique. Moi qui ne connaissait rien - ou presque - sur les Cathares, j'en ai appris beaucoup.L'auteure s'est documentée, cela se sent. Elle arrive à nous retranscrire cette époque sans que cela soit -trop - ennuyeux. Autre idée originale, ou du moins sympatique, les aventures en paralléle d'Alice et Alaïs.Cela nourrit le suspense, enrichit l'intrigue, surtout que l'auteure arrive à presque changer de style suivant l'époque.
Malheureusement cela n'a pas suffit pour me rendre cette lecture inoubliable. Les héroïnes ne m'ont pas "touchées", l'empathie ne s'est pas faite. Le côté fantastique, lui, m'a assez plu, mais il avait quand même un côté prévisible, voir maladroit. A noter aussi, un aspect quelque peu manichéen.
Au final, un roman sympa, divertissant & instructif, mais que j'ai peur de vite oublier...





