Qu'importe le livre, pourvu qu'on ait livr'esse...

Qui a dit que la lecture était un plaisir foncièrement solitaire?

jeudi 3 avril 2008

Avril.

Un petit poème de circonstances. Ce n'est pas la plus connue des oeuvres de Nerval, mais je lui trouve un certain charme, elle dégage une atmosphère alliant fraîcheur printanière et douce mélancolie.

A_Song_of_Springtime
"A Song of springtime" - Waterhouse

"Avril"

Déjà les beaux jours, — la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; —
Et rien de vert : — à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
— Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

Gérard de Nerval, in Odelettes

---
Fond musical : le 2ème mouvement du célébre "Printemps" de Vivaldi - plus lent, moins connu, je préfère aux 1er et 3ème mouvements (et il est plus en accord avec le poème ^^)

free music

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mercredi 26 mars 2008

Blog en pause (qui a dit : "Encore !" ?)

Bonsoir bonsoir.

Oui, oui, je sais, je n'ai pas posté de billet comme je l'avais promis. Shame on me.

Seulement, cette fois-ci ce n'est pas un manque de motivation ou d'inspiration qui me retient. Si si, je le jure, il y a une bonne raison à mon silence. J'ai contracté des tendinites aux deux bras (poignets/coudes), et j'essaye de réduire mon usage du clavier aux nécessaires recherches sur le Net ou aux courriels. Sorry...

Je ne vous oublie pas pour autant. En attendant une amélioration, je vais essayer de poster quelques poèmes que j'apprécie.

Ce soir, je vous propose un texte de Baudelaire.
Le choix du poème a été cornélien, mais j'ai fini par opter pour mon premier coup de coeur baudelairien ;-)

"Harmonie du soir"

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir.

Charles Baudelaire, in Les Fleurs du Mal

---
Accompagnement musical : du violon (frémissant) bien sûr ! :-)

free music

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dimanche 24 février 2008

"A withered leaf on autumn's blast / A scattered wreck on ocean's tide" *

Une promesse est une promesse !
Voici (enfin) une nouvelle critique sur ce blog, qui commençait à prendre la poussière, je dois bien le reconnaître. D'ailleurs, merci à ceux et celles qui continuait malgré tout de guetter un nouveau billet ; sans vous je crois que j'aurais mis la clef sous la porte ;-)

Bon, je blablate, je blablate, mais ça ne fait pas avancer la critique tout ça. Je vous avoue que je ne savais pas quel livre choisir, parmi tout ceux que je n'ai pas critiqués - sans rire, je dois en avoir une bonne centaine en retard :-S
Finalement, j'ai opté pour un, euh, disons "récit de vie", qui allie un auteur que j'adore à la vie d'une famille que je n'adore pas moins...

Le Monde infernal de Branwel Brontë, de Daphné du Maurier
Editions Phébus Libretto - 300p

Le monde infernal de Branwell Brontë

Le secret des sœurs Brontë ? Leur frère Branwell. La clé de leur précocité inouïe, de leur imaginaire étrangement porté vers toutes les fièvres ? Branwell encore. Leur lien ? L'amour jaloux quelles ne cesseront de vouer à ce frère maudit mais préféré à elles, qui leur avait insufflé son génie et qui, parvenu à l'âge adulte et avant depuis belle lurette brûlé toutes ses cartouches, n'eut plus que la force de se détruire (le beau et inoubliable Heathcliff des Hauts de Hurlevent, c'est lui). Branwell est le prince des Brontë. Déchu, car ses sœurs, elles, peuvent mettre en œuvre leur talent quand lui peine à créer. Il est le grand sacrifié des Brontë, la part d'ombre de cette famille. L'ouvrage de Daphné Du Maurier (1960) est à la fois une étude formidablement documentée et le plus troublant des romans vrais. (4ème de couverture)

Un résumé attirant n'est-ce pas ? Une admiratrice des Brontë et de Du Maurier telle que moi ne pouvait résister à cet opus.

Je ne vous cache pas que c'est un livre assez dense, qui se lit doucement, sans précipitation. L'analyse de ce génie est fouillée, et à la hauteur de la complexité du personnage ; à tel point qu'il faut parfois poser le livre, et s'arrêter un instant pour réfléchir. J'ai plusieurs fois mis un terme à ma lecture pour "faire le point", et tenter de bien saisir ce caractère peu ordinaire.

En effet, c'est un homme fascinant que nous présente là Daphné Du Maurier. Un "prince déchu", au talent prometteur mais qui brûla comme un feu de paille.  Une sensibilité exacerbée, alliée a un fort sentiment d'infériorité l'ont poussé au désespoir le plus noir. Débordant de talent dans sa jeunesse, il n'a jamais su aller jusqu'au bout de ses oeuvres ; mais ce fils adulé, ce frère adoré ne pouvait pas échouer. Ses échecs répétés, son épilépsie, sa dépression, tout cela était inadmissibles pour sa famille, et représentait autant de déceptions - quel tristesse ! lui, l'enfant prodige, dans lequel on avait placé tant d'espérances, incapable de gagner sa vie ! Lui, "névrosé" ! Face à cette réprobation grandissante, à ses échecs blessant son égo, le jeune Branwell se réfugia dans l'alcool, le laudanum... et surtout, surtout, son monde imaginaire.

Car Branwell avait un secret, connu seulement par ses soeurs, et surtout Charlotte - sa confidente, son alter-ego. Avec elle, il inventa un véritable univers, microcosme complexe, obéissant à ses propres régles ; ils créérent un monde et son Histoire, ses héros, son journal local, même. Enfants, puis adolescents, les deux Brontë ne cessèrent de jouer, de se plonger dans cet univers, se confondant avec leur personnages (tout comme Anne et Emily s'immergèrent dans le leur, avec parfois des fusions entre les univers de ces deux binômes). Seulement, ce qui fit la force de Charlotte, et de ses soeurs, c'est leur capacité à grandir, et à s'extraire - plus ou moins - de ce monde envoûtant. Elles réussirent à faire la différence entre monde imaginaire et monde réeln et se nourrirent de cet univers merveilleux dans leurs oeuvres.

Branwell, lui, échoua. Dans ce livre, on assiste à sa lente plongée dans son monde infernal. C'était sa façon de fuir ses chagrins, sa peur de la mort, ses échec. De fuir l'incompréhension et la honte. Un dégringolade qui détruisit petit à petit tout son talent, et marqua profondément ses soeurs.

C'est donc à une étude fine et sensible que nous convie D.Du Maurier, qui nous permet d'avoir un éclairage intéressant sur les oeuvres des soeurs Brontë. A noter : cet ouvrage est agrémenté d'extraits de lettres, de témoignages, et surtout de nombreux textes et poèmes (en version anglaise & française), de Branwell bien sûr, mais également d'Emily - ce que j'ai beaucoup apprécié.

Je recommande ce bel ouvrage à tous ceux qui apprécient la famille Brontë et souhaitent en savoir plus sur la génèse de leurs chefs-d'oeuvre... et qui n'ont pas peur de lire quelque chose d'un peu sombre, l'ami Branwell n'étant pas ce qu'on peut appeler un gai-luron ;-)

Pour preuve, un poème de Branwell, version révisée d'un texte écrit en 1837 :

Peaceful death and happy life

Why dost thou sorrow for the happy dead
For if their life be lost, their toils are o'er
And woe and want shall trouble them no more,
No ever slept they in an earthly bed
So sound as now they sleep while deamless, laid
In the dark  chambers of thaht unknown shore
Where Night and Silence seal each guarded door :
So turn from such as these thy drooping head
And mourn the
dead alive - whose spirit flies
-
Whose life departs before his death has come...
Who find no Heaven beyond Life's gloomy skies,
Who see no Hope to brighten up that gloom ;
Tis HE who feels the worm that never dies...
The REAL death and darkness of the tomb.

Northangerland.
(pseudonyme de B.Brontë)

Traduction de Jane Fillon :
Paix dans la mort et joie dans la vie

Heureux sont les morts, ne les plains pas,
Car si leur vie est achevées, leur tpache l'est aussi,
Et désirs et douleurs ne les tourmentent plus ;
Jamais, sur leur couche terrestre, ils ne connurent
Ce profond sommeil sans rêve qu'est le leur ;
Dans les tombeux creusés sur la rive inconnue
Dont les Ténèbres et le Silence scellent les portes :
Détourne d'eux ta tête penchée
Et plains le mort vivant - dont l'âme s'est enfuie
-
Déserté par la vie, dédaigné par la mort,
Lui pour qui le Ciel est vide au-delà des nuées,
Lui que jamais n'illumine unde lueur d'Espoir,
LUI, la proie de ce vers qui le ronge...
De la mort INEXORABLE, des ténèvres de la tombe.

Northangerland.

* "A withered leaf on autumn's blast, / A scattered wreck on ocean's tide" :
Feuille d'automne emportée par le vent, / Epave ballottée par l'océan
(Branwell Brontë, le 13 Janvier 1837 - traduction de Jane Fillion)

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mercredi 20 février 2008

Tout arrive !

Eh oui, même un billet sur mon blog ;-)

Bon, j'avoue, on m'a un peu forcé la main. La Liseuse, bien décidée à, je cite, me faire sortir de ma tanière, a décidé de me taguer. Soit, exécutons nous.

Elle réclame aussi de nouvelles notes de lecture ; promis je vais essayer. Seulement... Reste à trouver quel(s) livre(s )chroniquer - disons que je ne suis pas bien à jour sur ce blog, non ? ;-)

Alors, pour les règles, c'est fort simple : comme d'hab', il suffit de mettre un lien vers le "taguant", de préciser le réglement sur son blog, de "relever le défi", puis de le transmettre à d'autres blogueurs.

Et le tag en lui même ?  Eh bien on m'a invité à révèler 6 choses "sans importance" sur moi [non mais franchement, ça vous intéresse vraiment ?! :p]


winter_2_by_killjohannah
Image :  http://killjohannah.deviantart.com/

Allons-y gaiement... 6 choses... Hum...

1 - Cela ne me dérange pas de vivre dans un "joyeux bordel" ; la seule chose pour laquelle je suis vraiment maniaque ce sont... mes livres (non, pas possible ? ^^). Je ne supporte pas qu'on me les abîme, qu'on les corne (par contre, j'admets un trait de crayon dans la marge pour marquer un passage intéressant), et j'essaye de les ranger le mieux possible, par auteur ou par genre.

2 - J'adore le parfum des roses. Bougies, encens, eau de toilette... Tout y passe. Et à Noël quelqu'un qui me connait bien à enfin découvert ZE parfum : Paris, d'Yves Saint Laurent. Mhmmmmm...

free music

(oui, ce clin d'oeil musical est tiré par les cheveux, je sais ^^)

3 - La chaleur et moi, nous ne commes pas copains. Je préfère un bon froid sec, une journée d'automne ou d'hiver, dorée par un soleil tout doux, plutôt qu'une après-midi d'été, où le soleil est agressif et la chaleur suffocante. Je fais honte à mes origines italiennes, et tant pis ;-)

4 - J'adore le thé, surtout le vrai, acheté en vrac. Bon, je bois aussi de thé en sachet, quand je n'ai pas le choix - sauf du Lipton, celui-là, beurk.

5 - Mon petit estomac sensible ne supporte pas le gluten. Oui, c'est très pratique lors des repas en famille ou entre amis.

6 - J'adoooore les vêtements rouges, je suis rarement habillée dans une autre couleur.

Ouf, c'est fini, j'ai du me creuser la tête pour les 3 derniers ;-)
Vu que je dois être une des dernières à répondre à ce tag, je passe le relai à... qui le désirera (comment ça je triche ?)

Posté par Morwenna06 à 11:17 - * Autour d'une tasse de thé * - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 3 novembre 2007

The big read

Amusons-nous... J'ai trouvé chez la Liseuse la liste des 100 livres les plus appréciés par les Anglais.
Le concept m'a assez plu et j'ai tenter de relever le défi de la-dite Liseuse, à savoir classer ces livres. Voilà ce que ça donne ...

Girl Reading
La Liseuse - Jean-Honoré Fragonard 

Les livres déjà lus (32)

1. Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien
2. Orgueil et préjugés de Jane Austen
3. A la croisée des mondes de Philip Pullman

10. Jane Eyre de Charlotte Brontë
 
12. Les Hauts-de-Hurlevent d'Emily Brontë
14. Rebecca de Daphne du Maurier
 
18. Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott
20. Guerre et paix de Leon Tolstoï

21. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell

25. Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien

26. Tess d'Uberville de Thomas Hardy

33. Les piliers de la Terrede Ken Follett

34. David Copperfield de Charles Dickens

35. Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl
(lu en CE1 je crois ^^)
36. L'île au trésor de Robert Louis Stevenson

38. Persuasion de Jane Austen
40. Emma de Jane Austen

44. Le Comte de Monte Cristo d'Alexandre Dumas
51. Le jardin secret de Frances Hodgson Burnett

52. Des souris et des hommes de John Steinbeck (NOUVEAU !)
54. Anna Karénine de Léon Tolstoï

56. Le bon gros géant de Roald Dahl

58. Les aventures du prince noir de Anna Sewell

62. Geisha d'Arthur Golden

64. Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCollough
68. De bons présages de Terry Pratchett
 
74. Matilda de Roald Dahl
75. Le journal de Bridget Jones de Helen Fielding

77. La Dame en blanc de Wilkie Collins

86. Mon amie pour la vie de Jacqueline Wilson

92. Les enfants de la Terrede Jean M. Auel

93. La huitième couleur de Terry Pratchett  (j'attaque ce soir)


Les livres que j'ai l'intention de lire 

6. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee
8. 1984 de George Orwell

17. Les Grandes Espérances de Charles Dickens
(sur ma PAL)
27. Middlemarch de George Eliot

29. Les raisins de la colère de John Steinbeck (sur ma PAL)
30. Les aventures d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll
(peut-être un jour...)
46. La ferme des animaux de George Orwell

47. Un chant de Noël de Charles Dickens
(sur ma PAL)
65. Mortimer de Terry Pratchett
69. Au guêt de Terry Pratchett

70. Sa Majesté des Mouches de William Golding
 (PAL)
71. Le parfum de Patrick Süskind (PAL)
73. Ronde de nuit de Terry Pratchett
89. Magicien de Raymond E. Feist (PAL)

Les livres "je connais mais je n'y pense même pas" :

5. Harry Potter et la coupe de feu de J.K. Rowling
7. Winnie l'Ourson de A.A. Milne

9. Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique (Les Chroniques de Narnia) de C.S. Lewis
15. L'Attrape-Coeurs de J.D. Salinger

16. Le vent dans les saules de Kenneth Grahame
  (j'en ai vaguement entendu parler)
22. Harry Potter à l'école des sorciers de J.K. Rowling

23. Harry Potter et la chambre des secrets de J.K. Rowling

24. Harry Potter et le prisonnier d'Askaban de J.K. Rowling
 
32. Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez

39. Dune de Frank Herbert

41. La maison aux pignons verts (la saga d'Anne) de Lucy Maud Montgomery

43. Gatsby le Magnifique de F. Scott Fitzgerald

48. Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy

50. Les pêcheurs de coquillages de Rosamunde Pilcher
53. Le fléau de Stephen King

59. Artemis Fowl d'Eoin Colfer

60. Crime et châtiment de Fiodor Dostoïevski
(du moins ce n'est pas dans mes priorités)
76. Le maître des illusions de Donna Tartt

94. L'Alchimiste de Paulo Coelho

97. L'amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez

Les livres dont je n'ai jamais entendu parler :

4. Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams
11. Catch-22 de Joseph Heller

13. Les chemins de feu de Sebastian Faulks

19. La Mandolinedu Capitaine Corelli de Louis de Bernières

28. Une prière pour Owen de John Irving

31. La fabuleuse histoire de Tracy Beaker de Jacqueline Wilson

37. Le testament de Nevil Shute

42. Les garennes de Watership Down de Richard Adams

45. Retour à Brideshead d'Evelyn Waugh

49. Bonne nuit, Monsieur Tom de Michelle Magorian

55. Un garçon convenable de Vikram Seth

57. Swallows and Amazons d'Arthur Ransome

61. Entre chiens et loups de Malorie Blackman

63. Le conte des deux villes de Charles Dickens

66. L'arbre qui batifole d'Enid Blyton

67. Le Mage de John Fowles
72. The ragged trousered Philanthropists de Robert Tressell

78. Ulysse de James Joyce

79. Bleak House de Charles Dickens

80. A nous deux de Jacqueline Wilson

81. The Twits de Roald Dahl

82. Le Château de Cassandra de Dodie Smith

83. Le passage de Louis Sachar

84. Gormenghast de Mervyn Peake

85. Le dieu des petits riens de Arundhati Roy

87. Le meilleur des mondes d'Adous Huxley

88. La ferme de froid accueil de Stella Gibbons

90. Sur la route de Jack Kerouac

91. Le parrain de Mario Puzo

95. Katherine d'Anya Seton

96. Kane et Abel de Jeffrey Arche

98. 3 filles et 9 bonnes résolutions de Jacqueline Wilson

99. Journal d'une princesse de Meg Cabot

100. Les enfants de minuit de Salman Rushdie

A qui le tour ? ;-)

EDIT du 10 Novembre:
--> Les livres "finalement je vais y réfléchir"
[c'est à dire ceux conseillés par mes visiteurs ;-)]

9. Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique (Les Chroniques de Narnia) de C.S. Lewis
15. L'Attrape-Coeurs de J.D. Salinger
(en fait je crois qu'on me l'avait offert...il doit donc être "caché quelque part chez moi ^^)
16. Le vent dans les saules de Kenneth Grahame
 
32. Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez 
53. Le fléau de Stephen King

60. Crime et châtiment de Fiodor Dostoïevski

97. L'amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez
et... la série des Harry Potter (hum...ça c'est pas gagné gagné...)

Posté par Morwenna06 à 18:39 - * About Books * - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Des magiciens au pays de Jane Austen

Bon après une longue absence, me voilà de retour avec un roman atypique, inclassable, phénoménal, imposant surtout !
J'ai nommé :

Jonathan Strange & Mister Norrell de Susanna Clarke
Robert Laffont - 850p

Jonathan Strange et Mr Norrell

Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. Dans une scène éblouissante, il prête parole et mouvement aux statues de la cathédrale d’York. La nouvelle du retour de la magie en Angleterre se répand jusque dans les frivoles salons londoniens. Pédant, prétentieux, Mr Norrell devient pourtant la coqueluche de la noblesse londonienne. Mais lui veut davantage : aider le gouvernement dans sa guerre contre Napoléon. Il bloque les Français en rade de Brest grâce à une immense flotte anglaise composée de navires nés de la pluie, et dote les côtes britanniques de charmes protecteurs.
Aider le royaume d’Angleterre n’est pas l’unique obsession de Mr Norrell. Car il veut aussi, et surtout, éliminer tout rival possible. C’est compter sans la prophétie : Deux magiciens paraîtront en Angleterre. Le premier me craindra ; le second de me voir brûlera. Et bientôt il croise sur son chemin un brillant jeune magicien, Jonathan Strange. Ce dernier est charmant, riche, un brin arrogant, mais imaginatif et courageux. Mr Norrell, séduit, le prend pour élève. Ensemble, ils éblouissent le pays de leurs exploits. Mais leur association tourne vite à la rivalité…

Plus de deux millions d’exemplaires vendus à ce jour, prix Hugo, prix Locus du premier roman, BookSense du roman de l’année, roman de l’année du Time Magazine, traduit dans dix-sept pays, bientôt adapté au cinéma par les studios NewLine, Jonathan Strange & Mr Norrell, publié sous deux couvertures différentes (soit noire, soit blanche) est un phénomène.

# Mon Avis #

Ben à vrai dire, il m'est difficile de donner un avis clair et tranché. Ais-je aimé ce roman ? Hum... je ne l'ai pas détesté, c'est donc que j'ai aimé.

Au départ, je me suis offert ce livre grâce à sa superbe couverture. Disons le tout de suite : le livre, en tant qu'objet, est original et attirant. Mystérieux. Je me suis demandée ce que cachait cette couverture noire, ce pavé aussi épais que mon Encyclopédie Hachette 2000.
Seulement côté facilité de lecture, on repassera. Ce n'est pas précisement le type d'ouvrage que l'on glisse dans son sac à main...  Jonathan Strange & Mr Norrell a donc attendu sagement sur une étagère que je me décide à l'ouvrir.

Alors, me direz-vous ? Cet achat impulsif en valait-il le coup ? Je pense que oui.  Bien sûr cela ne plaira pas à tout le monde. La référence à J.Austen n'est pas exagérée, on retrouve son humour pince-sans-rire, sa verve ironique. On pourrait même ajouter une pincée de Dickens pour les descriptions et les personnages quelque peu loufoques...et l'humour, of course. Seulement on retrouve aussi leur côté, comment dire, un peu "lent".  Il ne se passe pas grand chose dans cet ouvrage. Ou plutôt, il se passe des choses, mais sur un très très grand nombre de page.
Le rythme est de plus ralenti par une foultitude de notes, qui s'étendent parfois sur plusieurs bas de pages : références à de nombreux ouvrages (imaginaires !), anecdotes diverses... Bref, cela enrichit le livre, rend l'univers plus complexe, mais casse le rythme narratif.

Bien sûr, il y a de la magie; mais très peu. Nos deux magiciens ne sont pas des Gandalf, Belgarath ou autres Merlins. La magie n'est ici qu'un prétexte pourrait-on dire. Cela apporte une touche de fantaisie et d'originalité, aide l'action (si si il y a quand même un peu d'action ), mais ne vous attendez pas à voir des fées, elfes ou dragons à tous les coins de rues. En clair, la magie se trouve au centre de l'ouvrage mais on ne la voit que très peu agir.

Quant aux personnages, qu'en dire. Ils sont charismatiques, bien définis, parfois "loufoques" (à l'image d'un Mr. Micawber chez Dickens); mais attachants ? Pas vraiment. Autant chez Austen les héros & héroïnes me touchent, autant ici, hormis peut-être le couple Strange, je suis restée très extérieure aux protagonistes.

Néanmoins, j'ai quand même pris plaisir à savourer ce roman dense et touffu, son humour particulier. Malgré son rythme lent et une certaine absence d'empathie, j'ai eu du mal à le quitter (il m'a fait 3 jours ^^), surtout passées les 200 premières pages - qui correspondent en gros à une loooonnngue introduction [cf les premiers chapitres du Seigneur des Anneaux... (ou même le début de L'Homme qui Rit de Hugo)].

Bref, une très bonne lecture, pas la révèlation promise pas les critiques dityrambiques, mais un excellent moment tout de même. Je pense que cet ouvrage plaira sûrement aux amateurs de littérature anglaise du XIXème, de personnages singuliers, d'un humour discret mais qui fait mouche, et qu'une intrigue bien ficelée mais pas forcément très dynamique ne rebute pas.

Posté par Morwenna06 à 12:28 - Best-sellers et autres phénomènes marketing - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 23 septembre 2007

Hugo & l'Océan

Après un tel billet à thème, un poème d'Hugo s'imposait. J'en ai choisi un dont les premières strophes sont très connues, mais la suite un peu moins. Ce texte correspond tout à fait aux deux ouvrages évoqués précedemment et m'a frappé par sa puissance d'évocation...
Bonne lecture !


Le Bateau vision - Victor Hugo

Oceano nox

Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée.
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !

On s'entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelque temps vos noms d'ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures,
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

On demande : - Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? -
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous!

Victor Hugo, in Les Rayons et les Ombres, XLII, 1840

D'autres illustrations de V.Hugo ? Rendez-vous ici !

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La Mer...

Je sais, je sais, je suis très peu présente ces derniers temps... Problèmes de santé, fin des vacances... Bref, peu de temps pour rédiger des billets convenables. Bon, ça ne veut pas dire que je vous oublie, j'ai plusieurs idées d'articles, et je vais fréquement vous rendre visite chez vous ;)

Enfin voilà, ce soir je vous propose un petit billet salé, au parfum d'embruns...

Les Travailleurs de la Mer de Victor Hugo
Folio classiques - 630p


Gros temps, la Durande - Vixtor Hugo, dessin des Travailleurs de la Mer

Lethierry, armateur sur les côtes de la Manche, vient de doter d'un moteur à vapeur l'un des premiers bateaux qui relient Saint-Malo à Guernesey, La Durande. Mais le navire s'échoue en raison de la jalousie des marins locaux. Qui va aller rechercher le moteur ? Gilliat, un pêcheur solitaire, sauvage, rejeté par tous et amoureux de Déruchette, la fille de l'armateur, se propose car Lethierry lui offre la main de cette dernière. Commence alors une véritable lutte contre la mer et contre ceux qui la peuplent...

Allergiques au style Hugolien? Passez votre tour, ce roman n'est pas pour vous.

Hugo est en effet fidèle à lui-même et déploie pompeusement sa prose riche et complexe, noie le lecteur sous ses connaissances, et use et abuse des anthitèses et autres oxymores. Qu'importe, c'est pour ça que je l'aime. Pour ça, et aussi pour sa capacité à créer des personnages hors du commun, puissants, tourmentés, attachants. Pour sa facilité à envoûter le lecteur, malgré des descriptions apparement interminables. Pour ses touches d'humour noir, qui amusent quand on ne s'y attend pas. Pour sa vision de la mer, son alliance du sublime et du grotesque, sa fatalité.

Cependant, je l'avoue: ce roman n'égale pas, pour moi, le baroque Homme qui Rit. Les Travailleurs de la Mer est une belle lecture, mais pas l'une des meilleurs chez cet auteur; à lire tout de même pour ceux qui apprécient Hugo.

Pécheur d'Islande de Pierre Loti11
Editions France Loisirs - 230p

Entre Gaud, fille d'un gros commerçant de Paimpol, et Yann, le pêcheur, il y a bien des obstacles : la différence des conditions et des fortunes, bien sûr ; mais aussi la timidité farouche du jeune homme, de ceux qu'on nomme les " Islandais " parce que, chaque année, leurs bateaux affrontent, durant des semaines, les tempêtes et les dangers de la mer du Nord. C'est l'histoire d'un amour longtemps jugé impossible que nous conte ce roman, publié en 1886, et depuis lors redécouvert et admiré par plusieurs générations. Mais c'est surtout un grand drame de la mer, et l'une des expressions les plus abouties de ce thème éternel. Marin lui-même, Pierre Loti y déploie une poésie puissante, saisissante de vérité, pour dépeindre la rude vie des pêcheurs, l'âpre solitude des landes bretonnes, le départ des barques, la présence fascinante et menaçante de l'Océan.

Encore un roman bouleversant, de ceux qui nous laissent dans le spleen, vidé.

Pierre Loti instaure son ambiance tout doucement, à l'aide de mots choisis, de phrases ciselées. Style fluide, envoûtant, épuré même, et pourtant ô combien évocateur. Je me suis immergée dans cette histoire, bercée par la poésie qui s'en dégage.

Une poésie qui devient parfois cruelle, quand l'héroïne, fascinante et omniprésente, reprend ses droits. L'héroïne, c'est la Mer, une maîtresse tyrannique et jalouse. Les autres personnages gravitent autour d'elle: Gaud, Yann, Sylvestre ( le frère de Gaud), et quelques autres, qui vivent pour et par la mer. J'ai été très touchée par cette histoire, par ces personnages, profonds et mystérieux. J'en suis ressortie un peu différente, émue aux larmes.

Vous l'aurez compris, si vous n'avez pas lu ce chef d'oeuvre injustement oublié, foncez ! Et j'espère que comme moi, vous serez conquis par ce magnifique roman, à la fois pudique et puissant.


Vous voulez d'autres lectures "marines"?
Quelques suggestions:
- L'Ancre des Rêves de Gaëlle Nohant (FABULEUX) [
la critique de Fashion]
- Captain Blood de Sabatini et
Moonfleet de Falkner (sans oublier L'Ile au trésor de Stevenson)
- dans une moindre mesure : La Chaîne d'amour de Daphné du Maurier, Les Aventuriers de la Mer de Robin Hobb, L'Ame Noire de Liam O'Flaherty
- et j'en oublie sûrement !

Posté par Morwenna06 à 17:56 - Romans français XIXème et antérieur - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 6 septembre 2007

Aragon - suite

Après un billet sur Aurélien, je ne pouvais que faire une pause poésie en compagnie d'Aragon.

Voici donc une petite curiosité, inspirée des lais médiévaux:

J’ai traversé les ponts de Cé
C’est là que tout a commencé

Une chanson des temps passés
Parle d’un chevalier blessé

D’une rose sur la chaussée
Et d’un corsage délacé

Du château d’un duc insensé
Et des cygnes dans les fossés

De la prairie où vient danser
Une éternelle fiancée

Et j’ai bu comme un lait glacé
Le long lai des gloires faussées

La Loire emporte mes pensées
Avec les voitures versées

Et les armes désamorcées
Et les larmes mal effacées

Ô ma France ô ma délaissée
J’ai traversé les ponts de Cé

"C" de Louis ARAGON, in Les Yeux d'Elsa (1942)

Et pour les plus curieux et ceux qui veulent approfondir, voici une analyse de ce poème.

Posté par Morwenna06 à 20:51 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

"Il n'y a pas d'amour heureux"

Il me reste encore un bon nombre de lectures estivales non chroniquées, mais je ne peux résister au plaisir de partager avec vous l'un de mes derniers coups de coeur...

Aurélien de Louis Aragon
Folio - 640p

Aurélien

Dans cette chronique parisienne de l'entre-deux guerres, Aragon décrit la toute nouvelle société surréaliste. Aurélien, jeune homme sensible et oisif, fréquente les salons parisiens d'avant-garde, y côtoie les poètes, les actrices, les peintres qui ne sont autres que Picabia ou Cocteau. Au sein de ce microcosme insouciant et sans entraves, un amour irrésistible mais inavoué naît entre Aurélien et Bérénice, une jeune provinciale venue à Paris pour quelques jours. Malgré la séparation, leur passion ne se démentira pas malgré le temps et la distance qui les auront transformés tous deux. Dans ce roman, c'est Aragon poète que l'on retrouve, "le fou d'Elsa" laissant sa plume courir au gré d'un lyrisme profond et sobre inspiré par l'amour (voir Les Yeux d'Elsa). Il a d'ailleurs bien volontiers reconnu la présence d'éléments autobiographiques dans son oeuvre, lui qui pourtant avouait : "L'art du roman, c'est de savoir mentir." Quel plus noble et plus délicieux mensonge que ce roman d'amour ? [Amazon.fr]

Waouh!
Je suis ressortie de cette lecture totalement bouleversée, avec comme un vide, un creux au ventre. Une rage. Quelle idée d'écrire de tels romans... Bon sang! Cela devrait être interdit....

...et pourtant! je ne regrette absolument pas cette lecture, malgré le spleen qui m'a envahie ensuite, une fois la dernière ligne savourée. C'est l'histoire d'un amour, l'histoire d'un échec, presque un cri d'amertume. Un récit profondément ancré dans son époque, l'antre deux-guerre. On pénétre au coeur d'une société blasée, déboussolée par 4 années de guerre. Une société meurtrie qui s'étourdit, qui vit de plaisir superficiels, illusoirs.  Au milieu de cet univers décadent, il y a Aurélien et Bérénice.

Lui, c'est un beau jeune homme, grand séducteur, qui accumule les conquêtes et les aventures. C'est aussi un homme brisé par la guerre, qui s'efforce d'oublier sans y parvenir.
Elle, c'est une jeune provinciale, mariée à un pharmacien, qui vient passer quelques jours à Paris. Malgré son existance sans histoire, Bérénice est habitée par un "goût de l'absolu".
Barbentane, ami de l'un et beau-frère de l'autre va les présenter lors d'une soirée. Une rencontre qui n'est pas du tout le fruit du hasard. C'est en vérité un jeu diverstissant, organisée par leurs "amis", qui tentent de faire démarer une relation intime entre nos deux protagonistes. Peine perdu : Aurélien n'est absolument pas séduit par cette jeune femme un peu coincée :" La première fois qu' Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplût enfin." (incipit du roman).

Seulement voilà...Cette sois-disant répulsion de tarde pas à se changer en fascination. Lors d'une autre soirée, à un "dancing", Aurélien redécouvre Bérénice. Une Bérénice nouvelle, mystérieuse et envoûtante. Il lui prend la main, l'invite à danser...
... et cela marque le début d'une longue passion. L'amour réunit ces deux êtres un peu paumés, un amour absolu, très pur. Ils se retrouvent loin des mondanités, dans les coins populaires de Paris, unis seulement par les mots: Bérénice se dérobe, refuse de se donner complétement.

Cependant les circonstances séparent le couple. Ils vont s'aimer encore pendant vingt ans, sans jamais se revoir, jusqu'en 1940. Une rencontre tellement attendue, espérée, tant par les héros que par le lecteur...

Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse le plaisir de la découverte. J'avoue, j'ai eu un peu de mal à m'habituer au style d'Aragon. Néanmoins, les premières pages passées, l'alchimie s'est réalisée, et j'ai vraiment apprécié ce style moderne, haché et fluide à la fois, poétique et cruel. L'histoire m'a emportée, j'ai souffert avec les personnages. Ce roman, pour moi, évoque incontestablement Balzac ou Zola, de part son côté pessimiste...avec un style d'écriture totalement différent, par contre.

Bref, j'ai adoré ce récit, l'un de ceux que l'on quitte vidé d'énergie, encore plein d'émotion.

Posté par Morwenna06 à 18:24 - Romans français XXème et XXIème - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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