dimanche 1 juillet 2007
Fatalité...
Tess d'Uberville de Thomas Hardy
Editions France Loisirs - 454p
# Résumé # (Le Livre de Poche)
Tess Durbeyfield était une jeune paysanne aux grands yeux inno-cents. Son teint éclatant fit son malheur. Placée chez les nobles d'Urberville, ses cousins d'après son père, elle est séduite et aban-donnée. Aimée puis épousée, on la quitte une seconde fois parce qu'elle est trop honnête. Tess est la pureté même dans un monde perverti, la foi simple dans une société puritaine. La critique du XIXe siècle anglais est amère. Le destin des pauvres s'écoule, inexorable, celui des riches aussi. Sur l'au-delà même pèse le doute. Ici-bas seule est belle et heureuse la nature du sud de l'Angleterre...
# Mon Avis #
Un roman bouleversant!
Disons le tout de suite : ce récit est foncièrement pessimiste, presque dénué d'espoir. L'héroïne est accablée par le destin, maltraitée par les hommes et par la Vie. Courageuse, elle lutte cependant de toutes ses forces et reste digne dans ses épreuves. C'est un personnage très attachant, le seul à rester lumineux, à conserver son intégrité et sa bonté. Quasiment le seul à être un "bon" protagoniste, les autres étant au mieux aveuglés par les préjugés, quand ils ne sont pas lâches, menteurs, manipulateurs, orgueilleux, cupides...
C'est un tableau de la vie paysanne dans l'Angleterre victorienne que nous dresse là Hardy. Loin des sphères aristocratiques et des grandes villes, au coeur même d'une société à la fois puritaine et supersticieuse, où régnent convenance et décadence, pauvreté et orgueil bourgeois... Une peinture sociale empreinte de fatalité, où le destin fauche les meilleurs...
Malgré ce côté très sombre, j'ai beaucoup aimé ce roman. Il est porté par un style à la fois soutenu et fluide; les descriptions sont savamment dosées et donnent un cadre, une atmosphère au récit sans le rendre ennuyeux.
Bref, une très belle lecture, qui me donne envie de découvrir d'autres oeuvre de cet auteur...à petites doses tout de même, faut pas abuser des romans dramatiques...
Pour les cinéphiles, il est à noter que ce livre à été adapté par Polanski avec Nastassia Kinski dans le rôle de Tess.
jeudi 28 juin 2007
Austen-mania
La semaine dernière [oui, je sais, j'ai du retard :/], je me suis fais une p'tite cure de Jane Austen. Après O&P, Mansfield Park, et Lady Susan, je vous fais un billet unique pour les 3 derniers...
Nothanger Abbey
10/18 - 286p
Catherine Morland , une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du coeur. En toute occasion, elle se comporte en référence à son livre de chevet, 'Les mystères d'Udolphe' de Mrs Radcliffe... ce qui lui vaudra plusieurs déconvenues.
Parodie du roman gothique, satire pleine de saveur de la société anglaise qui prenait ses eaux à Bath, Northanger Abbey est aussi le roman très austénien du mariage et très moderne du "double jeu"
Le seul des 3 présentés ici que je n'avais pas encore lu...et encore une fois Jane Austen a réussi à me surprendre.
Ce livre est considéré comme une oeuvre de jeunesse...mais il n'en a que le nom. C'est un roman bluffant, une sorte de manifeste austenien, où l'on retrouve les thèmes qu'elle développera par la suite: critique de l'orgueil de la noblesse/bourgeoisie, premiers émois amoureux, trahison, mariage...le tout copieusement assaisonné de son humour incomparable.
En effet, ce roman est l'un de ses plus drôle. L'auteur ne se contente pas ici de raconter l'histoire d'une héroïne et les péripéties la conduisant jusqu'au mariage. Elle ne fait pas non plus une simple dénonciation des hypocrisies de l'époque. Non, c'est également un roman "intellectuel", qui parodie allégrement les romans gothiques alors à la mode: à l'heure où Austen rédige NA, Mrs Radcliffe (auteur des Mystères d'Udolphe , roman qui revient souvent dans le récit) est à son apogée. Sans rejeter cette littérature, JA en déplore les excès et propose une autre forme de littérature, plus proche de la réalité. A noter que c'est l'un des rares récits où Jane Austen prend le lecteur à parti, où elle s'adresse directement à lui.
Niveau personnage, l'héroïne est donc très romanesque, naïve, son imagination galopante lui cause bien des tours. Cette candeur, parfois un peu agaçante, ne m'a pas empechée de l'apprécier. Le héros, quant à lui, est l'un de mes gentlemen austenien préféré, car il posséde un grand sens de l'humour.
Bref, une excellente lecture...Je vous conseille quand même de lire Les Mystères d'Udolphe avant, bien que ce ne soit pas indispensable ;)
Emma
10/18 - 575p
Orpheline de mère, seule auprès d'un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s'est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille qu'elle a recueillie chez elle. Ce faisant, ne s'est-elle pas attribué un rôle qui n'est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des coeurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu'elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes.
Encore un excellent Jane Austen, qui, s'il n'est toujours pas en tête de mon hit-parade, m'a fait passer un très très bon moment.
L'héroïne n'est pas très attachante au début du roman: un peu trop sûre d'elle, têtue..mais au fil du roman elle m'est devenue plus attachante et finalement, je l'aime bien cette Emma.
Bien que moins présent que dans Northanger Abbey ou Orgueil & préjugés, l'humour est quand même soupoudré avec délicatesse. Quant au style, c'est toujours un véritable plaisir.
Bref un livre que tout bon adorateur de Jane Austen, de littérature anglaise, de peinture de moeurs teintées d'ironie se doit de lire !
Le meilleur pour la fin...
Sept ans sont passés depuis qu'Anne Elliott a refusé les avances du Capitaine Frederick Wentworth, celui-ci n'étant pas issu de la même classe sociale qu'elle. Cependant, un séjour à Bath lui donnera l'occasion de le revoir... Dernier roman d'Austen, celui-ci marque la maturité de l'auteur et démontre une fois de plus, sa capacité à peindre fidèlement les moeurs de ses contemporains.
Ah Persuasion... Ce roman se hisse au niveau de mon cher Orgueil & préjugés....s'il n'est même pas plutôt au-dessus!
Il est peut-être moins "spirituel" que son prédecesseur, moins chargé d'humour et de répliques cinglantes [ quoi que le 1er chapitre est un petit bijou d'ironie...].
Cependant, il est plein d'émotion, de nostalgie aussi. C'est un roman à la fois mélancolique et drôle, délicat et cinglant. L'héroïne est extrement attachante; douce, sensible, timide...trop peut-être, mais on lui pardonne bien vite ses erreurs passées. On sent que l'auteur avait une grande tendresse pour son héroïne. Le Capitaine Wentworth est lui aussi un personnage fort, qui énerve autant qu'il émeut. Il est très humain, il doute et fait aussi des "bétises". Autour d'eux, Jane Austen nous a une fois de plus concocté une merveilleuse galerie de personnages, certains détestables, d'autres adorables.
Au final, cela donne un roman profond, qui m'a laissé une forte impression. C'est le dernier livre achevé de Jane Austen...j'aurai aimé qu'il y en ait encore d'autre de cette trempe. Merci Miss Austen pour cette merveilleuse lecture!
lundi 25 juin 2007
«Pourquoi sommes-nous au monde, sinon pour amuser nos voisins et rire d'eux à notre tour ? »
Orgeuil et préjugés de Jane Austen ![]()
Edition Serpent à plume, collection "Motifs" - 630p
# 4ème de couv' #
Un très grand roman d'amour. Un chef d'œuvre. Orgueil et Préjugé est un classique universel. Ce roman comique, d'une féroce cruauté, raconte l'histoire d'un " beau " mariage dans l'Angleterre de la fin du dix-huitième siècle. Celui d'Elisabeth Bennet, l'une des plus spirituelles et délicieuses héroïnes de l'histoire de la littérature, qui malgré son caractère indépendant, ses aspirations très en avance sur son époque, sa forte personnalité et son désir d'émancipation, a bien du mal à forcer le destin pour voir clair en elle-même et trouver enfin la voie de l'amour et du mariage auxquels elle aspire. Dans ce roman au féminisme prémonitoire, Jane Austen recrée avec une précision diabolique et un humour ravageur la vie de ces provinciaux anglais aisés au milieu desquels elle évoluait et qu'elle connaissait si bien. Un roman dont l'héroïne vous laisse un souvenir enchanteur après sa lecture. Benjamin Disraeli ne se vantait-il pas de l'avoir lu dix-sept fois ?
# Résumé # inspiré par celui de Wikipédia
Dans un petit village anglais sous le règne de Georges III, Mrs. Bennet veut marier ses cinq filles (Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia) afin de leur assurer un bel avenir. Elle espère que l'une d'elles saura plaire à Mr Bingley, leur riche nouveau voisin. Malheureusement l'orgueilleux Mr. Darcy, ami influent de Bingley, voit d'un très mauvais œil son ami s'éprendre de Jane Bennet, la plus âgée des sœurs...
# Mon Avis #
Mon avis au sortir de cette - 2ème - lecture de Pride & Prejudice ? Cela tient en 2 mots : quel régal !
On pourrait se contenter d'en retenir l'aspect "histoire sentimentale". C'est en effet l'un des plus beau roman que j'ai lu, porté par des personnages hauts en couleurs, tantôt émouvants, tantôt amusants, tantôt détestables.
Cependant, une telle lecture serait à mon sens extrèmement réductive. O&P est bien plus qu'un roman d'amour. Il comporte un humour indiscutable, qui m'est encore apparu lors de cette relecture. J'adore l'ironie de Jane Austen, j'ai beaucoup souris, voire ris pendant ma lecture. Les travers de la société georgienne sont allégrement évoqués et tournés en dérision.
De plus, le style est très agréable, littéraire sans être rébarbatif.
Bref, j'ai pris un plaisir fou à relire ce merveilleux roman...et je suis définitivement sous le charme de Mr Darcy !
Tout chaud, tout nouveau, tout beau: un article de Fashion sur le livre et surtout Colin Firth en Darcy la splendide adaptation BBC 95...
Douce et humble Fanny...
Mansfield Park de Jane Austen
Collection "Archi Poche" - 562p
# Résumé # [d'après Wikipédia]
Fanny Price est issue d'une famille pauvre qu'elle quitte à l'âge de dix ans pour vivre avec son oncle et sa tante, Sir Thomas et Lady Bertram, à Mansfield Park. Sir Thomas désire en effet aider Mrs. Price, la mère de Fanny et la sœur de Lady Bertram, en prenant en charge l'éducation de Fanny.
Celle-ci est donc élevée avec ses cousins, légèrement plus âgés qu'elle, Tom, Edmond, Maria et Julia, mais il lui est presque constamment rappelé qu'elle leur est inférieure. Seul Edmond fait preuve de gentillesse à son égard; Maria et Julia la méprisent, Tom ne lui prête pas attention. Fanny maintient une correspondance régulière avec son frère William, officier de la Royal Navy. Elle acquiert en grandissant, notamment au contact d'Edmond, un sens moral qui lui sert de guide pour toute chose. La gratitude et l'affection qu'elle éprouve à l'égard de son cousin se transforment au fil des ans en un amour qu'elle garde secret.
Les jours passent calmement à Mansfield Park, jusqu'au jour où Lord Bertram part aux Caraïbes et que de nouveaux jeunes gens font leur arrivée dans les environs : Mr. et Miss Crawford, frère et sœur de la femme du nouveau pasteur. Leur arrivée bouleverse la vie austère de Mansfield Park, sous les yeux de Fanny...
# Mon Avis #
Mansfield Park ( = MP pour la suite) est loin de faire l'unanimité chez les aficionados de Jane Austen. En le lisant, j'ai compris pourquoi...sans pour autant rejeter ce roman, qui m'a beaucoup plu quand même.
En fait, MP est un roman beaucoup plus sombre, plus réaliste que les autres. Il est très dense, touffu, il fourmille de détails et est emprunt d'une certaine mélancolie, loin de l'humour léger, pétillant d'Orgeuil et préjugés.
Oh, attention, l'humour est quand même présent, mais moins fréquent. Il est également plus implicite, et repose souvent sur une description, un personnage, une situation. En effet, Jane Austen se lâche, et personne n'est épargné, pas même l'héroïne. Loin d'être une simple histoire d'amour, comme pourrait le laisser entendre le résumé, ce livre est aussi une vraie satire sociale...come toujours chez l'auteur!
Quant aux protagonistes, c'est sûrement là que le bât blesse la plupart des lecteurs. Les personnages principaux sont moins "vivants" que dans d'autres oeuvres. L'héroïne n'a pas la vivacité d'une Lizzie, ni franchement un esprit spirituel; c'est une jeune fille douce et sensible, délicate, presque effacée. Le héros, lui, peut déranger par son côté un peu moralisateur et son aveuglement. Cependant, la tendre Fanny a réussi à m'émouvoir et a me toucher.
Enfin, MP m'a tenue en haleine jusqu'au bout: l'issue demeure incertaine et le fin mot de l'histoire n'est dévoilé que dans les dernières pages...Chose rare chez Jane Austen, où l'on devine en général aisement la fin, l'essentiel n'étant pas le dénouement pas la façon dont elle nous y amène.
Au final, un très bon roman, malgré un début un peu long et une fin, elle, que j'ai trouvé quelque peu expédiée. MP n'est pas mon Austen préféré mais il m'a assurément fait passer un excellent moment.
Un coup de coeur qui dure...

--> Ce n'est pas mon édition mais tant pis...
# Résumé # d'après Evene
Orpheline, Jane Eyre est recueillie par sa tante, qui la traite durement depuis la mort de son mari, et vit avec ses cousins, qui ne sont pas tendres avec elle. Pour préserver leur tranquillité et pour tenter de corriger les "vices" de l'enfant, la petite est envoyée dans une pension pour jeunes filles pauvres, Lockwood, où elle va grandir, étudier mais aussi connaître les misères d'un établissement fonctionnant grâce à la charité. Alors qu'elle a dix-huit ans, elle part pour le manoir de Thornfield et devient la gouvernante de la pupille du propriétaire, Edward Rochester. Au fil des jours, cet homme bourru va être séduit par le caractère et le naturel de Jane...
# Mon Avis #
Encore et toujours un véritable coup de coeur !!!
C'est la 5ème fois que je lis ce livre et je suis toujours autant sous le charme...
Bien sûr, cette fois ci j'ai plus perçu les défauts de ce roman, le principal étant des coïncidences sont parfois un peu "grosses" et qui peuvent sembler peut crédibles.
Cependant, je le dis haut et fort : je m'en fiche! Q'importe que les ficelles soient un peu trop romanesques, pas assez réalistes. Ce qui compte, c'est l'extraordinaire talent que déploie Charlotte Brontë en nous contant son histoire. Bien que je connaisse déjà l'histoire, je me suis - encore une fois ! - laissée prendre au piège de son style si fluide, si vivant, si émouvant. L'auteur réussi à faire passer les émotions dans ses mots, elle nous rend les personnages tellement réels, tellement présents!
C'est en effet un vrai point fort de ce livre. Les personnages sont loins d'être parfaits, ils ont des qualités mais aussi des défauts...En un mot, ils sont humains. Je me suis facilement identifiée à l'héroïne, j'ai ris, pleuré, angoissé, espéré avec elle. Jane est étonnament moderne, indépendante, franche, attachante aussi.
Et n'oublions pas les magnifiques descriptions de la lande, et cette ambiance inimitable qui fait qu'on ne lâche plus ce livre avant la dernière ligne...
Bref, vous l'aurez compris, ce roman reste pour moi un véritable chef-d'oeuvre!
jeudi 17 mai 2007
The law and the lady
Seule contre la loi de W.Wilkie Collins
Editions France Loisirs - 423p
# Résumé #
Le lendemain de ses noces, la jeune Valeria découvre que son mari lui a caché son vrai nom. Mais avec quel genre d'individu s'est-elle mariée? Entêtée et contre l'avis de tous, elle décide de faire toute la lumière sur l'identité de son mari...
# Mon Avis #
Du très bon Wilkie Collins.
Je conseillerai presque de commencer par ce livre si l'on veut découvrir cet auteur. Simple d'accès, quasiment dépourvu de longueurs, il s'avère plein de suspense. De plus, l'histoire est toujours contée par la même personne, la tenace Valéria. [ à la différence de La dame en blanc, par exemple, qui est composé de récits de différentes personnes], ce qui facilite peut-être la lecture
Les personnages sont attachants et rocambolesques, l'intrigue passionnante, le style toujours agréable et ponctués d'humour.
Un très bon moment de lecture.
A la lueur d'une chandelle, explorant un inquiétant château...
Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe
Folio Classique - 870p
# Résumé # (4ème de couverture d'une édition de 1992)
Ann Radcliffe eut-elle réellement un goût immodéré pour les tranches de bœuf cru, source d’affreux cauchemars inspirateurs ? L’histoire de la littérature fantastique n’a pas tranché. La fulgurante carrière de l’auteur en revanche, ne fait aucun doute : six ans pour trois romans promis au succès – Le Roman de la forêt (1791), Les Mystères d’Udolphe (1794), et L’Italien (1797).
Ici, le fantastique donne toute sa mesure, pas de voix d’outre-tombe, de musique éthérée, de cadavres sanglants, de folie furieuse, de séquestration abusive, d’amours contrariées, de faux héros démasqués qui ne manquent à l’appel de ces mystères.
Mais là où, dans le schéma canonique du genre, l’explication surnaturelle voire l’absence d’explication constituent la tension de la narration, Ann Radcliffe détourne le fantastique pour expliquer rationnellement certains phénomènes étranges. Au souvenir persistant de ses troublantes architectures piranésiennes se mêle le sentiment d’avoir été le jouet d’une brillante illusionniste.
# Mon Avis #
J'ai acheté ce roman sur les conseils de Lilly. Cependant, je paratis un peu inquiéte: ce pavé allait-il ou non se révéler intéressant?
J'avais peur que le style soit part trop ampoulé; que l'intrigue soit ennuyeuse. je m'attendais à un huit-clos (tel Le Tour d'écrou), avec une ambiance oppressante ( comme Les Hauts de Hurlevent) et en prime une héroïne pleurnicharde.
Je me trompais [ou presque].
Certe, le style fait "ancien", surrané [la traduction date elle-même du XVIIIème...ceci expliquant peut-être cela]. Cependant, à mon goût, cela donne un cachet supplémentaire à ce roman. La langue est belle, les description aussi. C'ets fort plaisant à lire.
Il est vrai aussi que l'héroïne s'évanouit souvent, et pleure encore plus. Néanmoins, passé les 1ère fois, je me suis "habituée" et cela ne m'a pas vraiment gênée; à vrai dire, c'est plutôt crédible quand on recadre dans la contexte.
Concentrons nous donc sur l'intrigue.
Il m'a fallu un peu m'accrocher sur la 1ere centaine de pages, afin de rentrer dans l'ambiance, de me couler dans les mots. Ensuite, je me suis retrouvé embarqué dans cette - sombre - histoire, pleine de péripéties, de retournements de situations. Un véritable labyrinthe, vous dis-je!
Je ne m'attendais pas à voyagé autant (Paris, Provence, Italie...), ni à suivre une histoire d'amour. En réalité, ce roman est plus complexe, plus dense, que ce que je pensais trouver.
Aventures, mystères à profusion, personnages étranges, suspense, ruines & vieux châteaux [hantés peut-être ?], amour courtois & nobles sentiments, passions violentes, éloge de la nature...tout y est!
Un très belle lecture, donc. Je lirai sûrement d'autres romans dits "gothiques" [Le Moine de... Lewis peut-être???]
samedi 12 mai 2007
Etrange récit
Le Tour d'écrou de Henry James
Editions Librio - 150p
# Résumé #
Quelle étrange aventure que celle de cette femme chargée de la garde de deux enfants dans une vieille demeure anglaise... A son arrivée au manoir de Bly, tout annonce une expérience douce et heureuse : la façade lumineuse de la maison, ses fenêtres ouvertes, ses fleurs éclatantes et surtout Miles et Flora, deux élèves charmants. Mais bientôt la jeune gouvernante découvre la terrible menace qui pèse sur les enfants. Dès lors, elle ne connaît plus la tranquillité. Une idée la hante : les sauver.
# Mon Avis #
Un roman au charme inquiétant.
J'ai été à la fois envoutée et perturbée par cette nouvelle.
Tout le long de cet étrange récit, le lecteur oscille entre rejet & acceptation: l'histoire est elle vraie ou n'est ce qu'une invention de la narratrice? peut-on ou non y croire?
Pour ma part, je penche pour la première hypothèse...
Mais après tout, qu'importe...Ce qui fait le charme de ce cout ouvrage, c'est aussi et surtout sa dimention psychologique - belle profondeur de la narratrice - et ses non-dits - dérangeants, déroutants... - . Tout est suggéré, beaucoup d'élèments restent dans l'ombre et ne seront jamais élucidés. Il régne une ambiance noire, pleine de mystères, de secrets, d'oppression peut-être.
En bref, une lecture sympatique, originale. Je retenterai peut-être un roman de cet auteur...
lundi 7 mai 2007
Souffle de l'aventure
Moonfleet de John M. Falkner ![]()
Editions Phébus Libretto - 250p
# Résumé #
Les lecteurs de langue française (malgré Fritz Lang qui en tira l'un de ses plus beaux films) ont ignoré pendant près d'un siècle ce roman insolite, publié en 1898 et salué d'enthousiasme par Thomas Hardy. Ce récit de brume et de mystère - dont on livre ici la première traduction intégrale - est aujourd'hui considéré, aux côtés de L'Ile au Trésor, comme le classique par excellence du roman d'aventures d'expression anglaise.
Sur la côte sauvage du Dorset, le jeune John Trenchard partage l'existence dangereuse des contrebandiers du petit village de Moonfleet, risquant le gibet pour débarquer les barils d'eau-de-vie qu'ils rapportent du continent. Mais la quête du fabuleux diamant de Barbe Noire, dont le fantôme hanterait le cimetière de Moonfleet, l'entraîne dans une aventure encore plus périlleuse, qui le conduira loin de l'Angleterre, le livrant à la trahison des hommes et aux fureurs de la mer déchaînée...
# Mon Avis #
Waouh! Quel roman!
Dans ce splendide récit, injustement méconnu, on retrouve l'ambiance mystérieuse de L'Ile au trésor. Or Moonfleet n'est pas seulement un pâle succédané du roman de Stevenson.
En effet, tous les ingrédients sont là pour faire de ce livre un grand roman d'aventures. Les personnages sont très attachants, le suspense au rendez-vous, l'amitié répond présente et l'amour attend au port.
Pour ne rien gâcher, ce roman est très bien écrit et truffé de descriptions savoureuses. Je me suis vraiment crue sur les côtes anglaises, en compagnie de John et Elzevir: on sent presque l'odeur de la mer, le goût de la peur, la caresse du vent...Un vrai régal!
Alors, prêts à embarquer?
samedi 5 mai 2007
Avant "la Dame en blanc", j'ai lu...
Le secret absolu de W.Wilkie Collins,
éditions Phébus, broché, 440p.

Wilkie Collins (1824-1889) était le beau-frère de Charles Dickens. Il est considéré comme le premier auteur de detective novel (roman policier).
Suspens et peinture de la société victorienne sont donc au rendez-vous...
# Résumé #
En cette nuit du 23 août 1829, sur la côte déchiquetée des Cornouailles, la résidence d'été des Treverton n'est plus que silence et ténèbres. Le manoir tout entier est suspendu aux battements du cœur de la maîtresse de maison qui rend bientôt son souffle, laissant derrière elle un époux accablé, une fillette en pleurs et beaucoup de questions sans réponses. Que contient, par exemple, cette mystérieuse lettre confiée par Mrs Treverton à sa femme de chambre avant de mourir ? Et quel terrible secret Sarah Leeson préfère-t-elle dissimuler dans la demeure familiale avant de disparaître, s'opposant ainsi aux dernières volontés de la défunte ? Un secret suffisamment effroyable pour que, 15 ans plus tard, la domestique sorte de son silence afin d'empêcher Rosamond Treverton de retourner sur les lieux de son enfance...
# Mon avis #
Après avoir dévoré Le Secret de Lady Audley, j'ai voulu lire d'autres oeuvres du même accabit.
Il me fallait donc me procurer un livre de W.W.Collins, considéré comme le maître des detective novel, jalousé par Dickens et véneré par Hitchcock.
Direction la bibli: seul Secret absolu était disponible. J'avais vu des critiques de La dame en blanc, Pierre de Lune, Armandal. De celui-ci, rien du tout.
Tant pis, je le prend quand même....
Et bien, heureusement!
J'ai beaucoup apprécié ce polar victorien.
L'intrigue est très prenante, et même si on devine aisement une partie du fameux "secret", le suspens n'en est pas moins présent.
Les différents protagonistes sont bien fouillés, l'histoire est cohérente, le style irréprochable et non dénué d'humour.
On peut déplorer quelques longueurs mais dans l'ensemble les pages défilent toutes seules.
C'est vraiment une belle découverte que cet auteur... Ses autres romans ne vont pas tarder à s'ajouter à ma PAL je sens...







