Qu'importe le livre, pourvu qu'on ait livr'esse...

Qui a dit que la lecture était un plaisir foncièrement solitaire?

lundi 3 septembre 2007

Au pays des Tsars

Bon j'avoue cet été mes lectures n'ont pas été très variées: fantasy, Marie-Antoinette, quelques bricoles et puis un peu de fantasy ^^ Mais bon ça risque quand même de vous lassez un peu, je laisse donc ces lectures pour plus tard...

J'ai donc pioché dans les "bricoles" pour trouver autres choses que de la fantasy . Alors changement de décors: direction la Russie. J'avais un peu peur de me remettre à la littérature russe, j'en gardais un souvenir très bon mais assez triste [j'avais dévoré Anna Karénine au collége...et je n'en garde qu'un vague souvenir, la fin surtout m'a marqué].

M'enfin , pour commencer, j'ai préféré choisir un court roman:

Premier amour de Ivan Tourgueniev
Librio - 96p

Premier amour

" Quelle fille excitante que Zinaïda ! " écrit Flaubert à Tourgueniev à propos de son roman. " C'est une de vos qualités de savoir inventer les femmes. Elles sont idéales et réelles. Elles ont l'attraction et l'auréole. "
Irrésistible du haut de ses vingt et un printemps, la capricieuse et attirante Zinaïda fait chavirer le cœur du jeune Vladimir Petrovitch, seize ans à peine. Premier amour et premiers tourments d'un enfant épris de la jolie princesse pour l'avoir vue par-dessus la palissade de son domaine... Mais lorsque Zinaïda devient froide et mystérieuse, d'étranges soupçons envahissent l'esprit de Vladimir. Quel est donc ce rival secret qui l'éloigne de lui ?


Je ne sais trop comment m'exprimer sur ce roman. C'est en effet très court et pourtant assez intense.  Tourgueniev nous livre ici une histoire malheureuse, désesperante, très intime. La naissance du premier amour du jeune Vladimir, naïf, un peu rêveur, est merveilleusement bien décrite.  Le style est beau, l'intrigue prenante.

Pourtant j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages; le héros est touchant mais...peut-être que l'histoire est trop courte justement.Oh, le format correspond bien à l'histoire, ensuite ce serait sûrement du remplissage. Néanmoins, je ne suis pas totalement conquise.

Au final, c'est une belle lecture, agréable, simple, mais pas non plus bouleversante.


Guerre et Paix de Tolstoï 11
Le Livre de Poche - 1563p (tome 1 : 776p / tome 2 : 787p)

Guerre et paix, tome 1Guerre et paix, tome 2

1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d'une chronique familiale. Une fresque sociale où l'aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l'ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois.

1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l'intrigue psychologique, prend une dimension d'épopée historique et se change en récit d'une époque. La "Guerre" selon Tolstoï, c'est celle menée contre Napoléon par l'armée d'Alexandre, c'est la bataille d'Austerlitz, l'invasion de la Russie, l'incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes.

Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d'une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l'inéluctable marche de l'Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux.   (Lénaïc Gravis et Jocelyn Blériot - Amazon.fr )

Roman psychologique, chronique historique, essai sur l'Histoire et les historiens...Guerre & paix, c'est tout ça, et bien plus encore.

Cette oeuvre inclassable m'a éblouie par sa richesse, sa profondeur. C'est une fresque immense,guerrière, et surtout très humaine. L'histoire d'une guerre et de 2 empereurs, Napoléon et Alexandre. L'histoire de plusieurs personnages, qui aiment, doutent, évoluent; meurent, parfois. L'histoire d'un peuple aussi, le peuple russe. Et l'histoire de l'Histoire, l'avis de Tolstoï sur les évènement, leurs origines, et son refus de tout expliquer par l'action d'un seul homme.

Devant nos yeux défilent les armées, on assiste aux combats, sans jamais être ennuyés. Et surtout, on suit des personnages tous différents, mais extremement attachants, qui m'ont beaucoup touchés.

Bref, une grande oeuvre, magistrale,  parfois épique parfois intime, toujours passionnante et d'un style ô combien agréable. Merci Tolstoï.

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vendredi 8 juin 2007

Découverte de Kafka

La Métamorphose de Franz Kafka

# Incipit #

" Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. Il était couché sur le dos, dur comme une carapace et, lorsqu'il levait un peu la tête, il découvrait un ventre brun, bombé, partagé par des indurations en forme d'arc, sur lequel la couverture avait de la peine à tenir et semblait à tout moment près de glisser. Ses nombreuses pattes pitoyablement minces quand on les comparait à l'ensemble de sa taille, papillotaient maladroitement devant ses yeux "

# Mon Avis #

Pff, quelle histoire! C'est un récit étonnant, perturbant, qui interpelle.

Le style n'est nullement compliqué; je m'attendais à quelque chose de plus "dur" à lire. Au contraire, l'écriture est plutôt simple.

La "difficulté" - si difficulté il y a - réside sûrement dans le sens à donner à tout ça. Enfin, de mon côté, je ne pense pas qu'il y ait de sens véritable. Ce n'est pas une nouvelle figée, à la morale explicite, immuable. Kafka laisse savamment le lecteur tirer ses propres conclusions. Il écrit, propose. A nous de nous débrouilller avec le récit - tel son personnage, changé on ne sait trop comment en cancrelat, qui doit seul apprendre à connaître son nouveau corps.  Chacun peut donc tirer sa propre interprétation de cette nouvelle : rejet de la différence, étouffement familial, souffrance de la solitude...Les "clefs" de cette oeuvre sont nombreuses; la sensibilité du lecteur fera le choix [certains y ont même vu une anticipation sur les totalitarismes...Mwé...une telle interprétation, sur cette nouvelle-là, me laisse sceptique...].

Au final, un récit qui m'a mis mal à l'aise, et  m'a laissé avec plein de questions dans la tête...Je ne suis ni conquise, ni totalement rebutée...
Je tenterai sûrement un autre titre de Kafka...mais pas tout de suite! [lequel me conseilleriez-vous ?]

Posté par Morwenna06 à 11:50 - Romans étrangers - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 7 juin 2007

"En hiver, tout meurt. Ainsi rugissait la mer autour des rivages d'Inverara"

L'Ame Noire de Liam O'Flaherty 11
Editions Le Rocher; collection Anatolia - 210p

# La 4ème de couv' # [abrégée ^^]

Un étranger, blessé dans son corps et dans son esprit, vient loger dans l'île d'Inverara, chez un couple dont les années de mariage ont été dépourvues de joie - et la présence de l'arrivant déchaîne leurs passions...

# Mon Avis #

Pluie de coups de foudre! Après les Lagerlöf, voici de nouveau un roman très dense, très puissant...

...Puissance des mots.
Le style est splendide, somptueux. Les phrases coulent, se déploient, captivent. Les descriptions sont éblouissantes, on s'y croirait; j'ai eu l'impression d'être sur cette île, d'y voir défiler les saisons; j'ai vu la mer déchaînée, humé l'odeur des embruns, senti le vent me fouetter le visage. Ces descriptions sont le sel du récit, elles participent activement à l'intrigue. Elles mettent le lecteur en condition, s'insèrent naturellement dans l'histoire. Grâce à elles, j'ai mieux compris les personnages, leurs humeurs; dans ce livre, la Nature vit au rythme des protagonistes...où le contraire...

...Puissance des sentiments, des caractères.
Ici, pas de demi-mesure. Les personnages sont entiers, exaltés, certains tourmentés. Ils ont des caractères affirmés, des sentiments violents, et parfois des actes qui ne le sont pas moins...à l'image de la Nature qui les entoure. Cela ne signifie pas un régne du manichéisme. Non, chaque protagoniste à ses défauts et des qualités. C'est en fait une oeuvre d'une grande finesse. On sent que l'auteur s'est beaucoup investi, qu'il y a mis ses "tripes" pour parler familèrement.

...Puissance psychologique, aussi.
Ce roman m'a stupéfiée par sa profondeur. Les personnages principaux, surtout l'Etranger, sont très étudiés. Non pas disséqués, comme chez Zola par exemple; on rentre dans leur tête, dans leur peau. On connait leurs doutes, leurs peines. O'Flaherty réalise ainsi de magnifiques portraits.
Celui de l'Etranger est sûrement le plus abouti. On suit son évolutions, sa lutte intérieure, entre son Ame noire - son côté cynique, blasé, orgueilleux - et son côté plus "pur" (dixit O'Flaherty). L'Etranger se débat, tantôt pour la Vie, tantôt contre, fuyant l'amour, la tendresse, les plaisirs simple; cultivant son orgueil, ses prétentions, son "intellect supérieur"... C'est un personnage qui agace, mais que je n'ai pu m'empêcher d'aimer.
Les portraits de la Petite Mary et de son mari John le Rouge ne sont pas en restent: bien que moins présents, ils sont également profonds et vivants.

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié ce roman, que je vous recommande chaudement !


Miranda- The Tempest de J.W.Waterhouse

Posté par Morwenna06 à 20:53 - Romans étrangers - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 28 mai 2007

An Gorta Mór or An Drochshaol *

Famine de Liam O'Flaherty
Editions de Flore [1947] - 500p


The Great Famine

# Résumé #

Irlande, 1845.
Dans la Vallée Noire les récoltes de pommes de terre approchent. La misère est grande chez ces paysans catholiques, qui sont pour la plupart de simples locataires de leurs terres et doivent à ce titre payer un loyer exorbitant à un propriétaire protestant.
Seulement un horrible fléau s'abat sur la village: une maladie inconnue fait pourrir les pommes de terre, seul moyen de subsistance. Une famine s'en suit, terrible.
Dans ce contexte de mort, on s'attache aux pas d'une famille ni très pauvre ni très aisée, les Kilmartin: le père et la mère -  les "vieux" - , l'oncle alcoolique, les 2 fils, l'un très malade, l'autre marié depuis peu à l'énergique Mary. Autour d'eux gravite tout un village: jalousies, ragots, dépravations, pauvreté, révoltes en sont les mots-clés.

# Mon Avis #

Ceci est mon premier livre d'un auteur irlandais. Je n'avais jamais rien lu non plus sur cette période. Ni sur cet auteur là d'ailleurs. Je l'ai pris par hasard, car l'édition m'attirait, son odeur, sa couleur jaunie. Ensuite, impossible de trouver un résumé ou un avis: ce livre est tout simplement un inconnu du Net.

Je vous préviens donc: ne vous attendez pas à quelque chose de gai. Rares sont les moments de joie dans ce roman. C'est tout simplement tragique. Ce récit est jalonné de morts, de drames, de larmes.

Les points forts? Le contexte historique est quand même très intéressant, la plume agréable. Les personnages sont bien campés et on plonge en plein coeur de cette Irlande croyante, superstitieuse, malheureuse.

Niveau points faibles, je ne saurais les nommer précisement. Peut-être trop de personnages. Peut-être autre chose. Il y a cependant un p'tit quelque chose qui fait que ce livre n'est pas un coup de coeur. J'ai bien aimé mais sans plus.

A lire pour la période, pour la plume...si vous arrivez à le dénicher ;-)

* An Gorta Mór or An Drochshaol  = la Grande Famille en Irlandais

Posté par Morwenna06 à 20:31 - Romans étrangers - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 6 mai 2007

Brumeuse Barcelone

L'Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafón 11
Le Livre de Poche - 640p

L'Ombre du vent

# 4ème de couverture #

Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

# Mon Avis #

J'ai fini ce roman en une journée .
Cette première phrase est déjà révelatrice, non?
En effet, c'est le genre de livre qu'il est impossible de lacher avant la derniere ligne. 

Ce roman dense, foisonnant, m'a entraînée au coeur d'une Barcelone brumeuse et nimbée de mystère. Il s'en dégage une atmosphère particulière, envoutante. J'ai été entraîné sur les traces de Daniel et Julian...
Le suspense est toujours présent, soutenu par un style clair, poétique, riche en métaphores. Les personnages m'ont touché, ils sont très attachants et leurs dialogues agréablement relevés par des touches d'humour.

Plusieurs critiques ont trouvé ce livre plus faible dans sa seconde moitié et ont déploré un trop grand nombre de personnages, d'intrigues paralléles. Pour ma part, cela ne m'a absolument pas gênée. Je n'ai senti aucune baisse de rythme, ce roman m'a passionné de la 1ere à la dernière ligne. Quant aux personnages, pas un ne m'a semblé inutile, chacun apportant sa pierre à l'édifice, pour ainsi dire.

Bref, un vrai coup de coeur pour cet ouvrage alliant avec panache suspense, aventures, secrets devastateurs, histoires d'amours et d'amitié, peinture de caractères et une pointe de fantastique....

Un auteur à suivre!

Posté par Morwenna06 à 14:30 - Romans étrangers - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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