Qu'importe le livre, pourvu qu'on ait livr'esse...

Qui a dit que la lecture était un plaisir foncièrement solitaire?

dimanche 17 juin 2007

"Octobre, le mot est doux à boire et triste comme un vin de mort, si riche encore du parfum de la vie"

Autumn de Philippe Delerm 11
Editions du Rocher - 257p

Autumn

# 4ème de couv' #

"Livre-feu, livre-fou, conçu de main de maître, Autumn nous brûle les mains dès les premières pages, en nous entraînant dans le périple insensé des peintres préraphaélites. L'aventure de Dante Gabriel Rossetti avec la belle Elizabeth Siddal ne serait pas ce qu'elle est sans le style de Philippe Delerm. Un style romanesque, cela va sans dire. Mais un style tout de même. À envoûtement du lecteur s'ajoute la magie des mots. Des mots somptueux, issus de l'ultime clarté de ces jours d'automne. Autumn est un vrai roman, avec des personnages qui se déchirent, des visages connus, comme ceux de Swinburne ou de Lewis Carroll. Le déploiement des couleurs s'efface derrière les ténèbres d'un destin en clair-obscur. On se demande, alors, si le te n'est pas le comble de la misère, et si le recours aux radis artificiels ne masque pas d'autres détresses. Philippe Delerm est un voleur de vie, mais comme c'est beau et bien dit !"
Valérie Marchand - Politis, mars 1990


Portrait de Lizzie Siddal par Dante Gabriel Rossetti

# Mon Avis #

J'ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir rédiger cette critique. Il est difficile de parler de ce petit bijou...
Essayons tout de même...

Autumn nous conte l'histoire d'un mouvement artistique que j'apprécie beaucoup: le préraphélisme. On y plonge en plein coeur, découvrant sa naissance, ses idées, ses objectifs. Et surtout, ses membres.

Delerm ne nous invite pas à partager une thèse de peinture, ni un exposé sur le préraphélisme. Non, il nous convie à une réunion avec les peintres et leurs compagnes. Il nous entraînent sur les pas des artistes, en nous faisant vivre leurs vie pendant quelques années. On suit la confrérie dans leurs succès, leurs tourments, leurs disputes. Dans leurs amours, aussi. Ainsi, Delerm se focalise surtout sur l'histoire tragique de Dante Gabriel Rossetti et sa compagne, sa muse, sa femme : la flamboyante Elizabeth Siddal.  Deux personnages entiers, passionnées, fragiles, unis par un amour destructeur, une relation d'idôlatrie.

A vrai dire, je suis encore sous le choc de ce roman. Je ne m'attendais pas à ressentir autant d'émotions. Bien sûr, je pensais aimer, ne serait ce que grâce au contexte. Cependant, j'ai plus qu'aimé: j'ai été "prise aux tripes", envoûtée, et il m'a été difficile de quitter ce roman, ces personnages, cette ambiance douce-amère...

Un dernier mot sur le style: il est brillant. je ne connaissais pas Delerm, et je ne sais si ces autres romans sont du même accabit. Pour celui-ci en tout cas, je ne puis qu'être admirative. Sa plume est délicate, mais aussi presque sensuelle; les phrases se déploient longuement, voluptueuses, admirables. Un style qui "colle" parfaitement au récit, et lui confère un aura, une dimension tragique, une atmosphère...

Bref, un gros coup de coeur!


Beata Beatrix  - Rossetti [portrait posthume de Elizabeth Siddal]

Merci à La Liseuse pour son magnifique billet qui m'a donné envie de lire ce livre.

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vendredi 18 mai 2007

Daphné du Maurier - encore et toujours

Le Général du Roi de Daphné du Maurier
Le Livre de Poche - 430p  [ se trouve aussi en édition récente chez Phébus Libretto]

# résumé #

Honor Harris, jeune fille de l’aristocratie provinciale, mérite bien son prénom : fière, intraitable, entière, elle professe un goût de la liberté qui s’accommode mal de la demi-mesure, et cultive – en silences autant qu’en paroles – une fidélité à ses principes qui ignore superbement le compromis. Ceux qui font les frais de ces vertus la prennent pour un garçon manqué, une orgueilleuse, une peste – selon les points de vue. Ils se trompent. Elle attend tout simplement de rencontrer une âme taillée à l’aune de ses exigences: un être à aimer.
Elle le trouvera vite… en la personne du seul esprit « libre » qui croisera son chemin : Sir Richard Grenvile (le personnage est historique), soudard au service du Roi, stratège de génie, beau monstre sans le sou mais non sans ambition. En lui sont réunis les qualités et les vices les plus flamboyants – tous portés à l’incandescence : générosité et cruauté, machiavélisme et panache, aveuglement et intuition, appétit de vivre et goût du malheur. Nul doute : Honor est faite pour lui. Mais les choses ne sont jamais simples en cette terre de Cornouailles où la tempête est l’élément ordinaire de la vie…

# Mon Avis #

Vous allez me dire que je varie peu mes auteurs: après Wilkie Collins, voilà que je vous harcéle avec Daphné du Maurier.
Peut-être... Cependant cette dernière en a bien besoin.

Trop peu connue de nos jours, injustement résumée à  une simple auteure de roman d'amour [argh...autant dire que les scénarios d'Hitchkock ressemblent à ceux des Feux de l'amour!], Daphné du Maurier mérite que l'on parle d'elle et que l'on ressorte ces romans de l'ombre où ils s'abîment de façon indigne.
Elle posséde un talent rare pour le suspense, la justesse psychologique, la complexité de l'intrigue. Avec un style clair et envoûtant, elle instaure dans ses romans un climat particulier, différent à chaque fois mais toujours palpable. Ses personnages, profonds, poursuivent le lecteur et semblent posséder une vie propre échappant au cadre du récit. certe l'amour est souvent évoqué, mais sans miévrerie ni guimauve [d'ailleurs les véritables "happy end" sont rare chez Du Maurier.

Voilà pour l'auteur. Passons maintenant au livre proprement dit.

Et bien comme toujours, c'est un très beau roman que nous a concocté Daphné du Maurier. Cette fois-ci, elle nous entraîne au coeur de la première révolution anglaise, sur les traces de deux héros au caractère bien trempé. La réalité flirte avec la fiction, pour mon plus grand plaisir. Peut-être que cet aspect historique empêche l'installation de la fameuse "ambiance" propre à l'auteure. Cependant, le suspense est encore là, ainsi que la beauté du style, la justesse du portrait psychologique. Une fois la dernier ligne lu, la mélancolie s'est emparée de moi...

En vérité, nous sommes en présence d'un roman qui, cette fois, ne dégage pas son atmosphère pendant la lecture, mais après...et  ça, c'est peut-être encore pire...

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jeudi 17 mai 2007

Du temps des nazis

Les aigles et la colombe de Jacqueline Briskin
j'ai Lu- 507p

Les aigles et la colombe

# Résumé #

Berlin, l936. Sur la piste où les athlètes du monde entier luttent pour décrocher une médaille, Käthe Kingsmith s'apprête à offrir à l'Allemagne un titre olympique. Réunie dans les tribunes, toute sa famille est venue l'encourager. Mais la jeune fille ne voit que Wyatt, son cousin d'Amérique. Quelques jours plus tôt, ils étaient l'un pour l'autre de parfaits inconnus. Aujourd'hui, ils savent que leurs destins sont à jamais scellés - même si les rumeurs d'une guerre prochaine se font chaque jour plus insistantes. Des fastes des palais berlinois aux réunions secrètes de la Résistance, du quartier général de Churchill au chalet bavarois de Hitler, Les Aigles et la Colombe décrivent la passion de deux jeunes gens emportés dans la tourmente de l'Histoire.

# Mon Avis #

Un passionnant roman historique.

Bien sûr, comme l'annonce la 4ème de couverture, ce roman comporte une très belle histoire d'amour contrarié.

Cependant ce livre ne se résume pas à cela. L'histoire est portée par des héros attachants, autours desquels gravitent des personnages vivants, que l'on aime ou que l'on déteste, mais qui ne laissent pas indifferents.

C'est aussi, et surtout, une fresque historique de qualité, étalée sur 3 pays : L'Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats Unis.C'est un des aspects original de ce roman que d enous montrer la guerre sous différents angles. Idée enrichissante. En effet, la guerre ne sert pas seulement de toile de fond: ici, l'histoire et l'Histoire cohabitent en tout égalité. Cela rend ce roman d'autant plus poignant, supprime - en partie - la mièvrerie, et nous attache d'avantage aux personnages, qui semblent plus "réels". Nous sommes immergés au coeur de cette période trouble, que se soit du coté militaire ou du côté civil, du côté allemand, anglais ou américans, en passant par l'espionnage.

Un très bon moment, auquel je reprocherai seulement d'avoir, parfois, laissé le hasard faire trop bien les choses...
...mais après tout, c'est un roman!

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mercredi 9 mai 2007

Décadente société victorienne

La Marque de Windfield de Ken Follett
Le Livre de poche - 630p

La Marque de Windfield

# Résumé #

1866. Un jeune élève du collège de Windfield, non loin de Londres, se noie lors d’une escapade qui tourne au drame. Plusieurs garçons sont témoins. Parmi eux, Edward Pilaster, l’héritier de la fortune des Pilaster, une richissime dynastie de banquiers, Hugh Pilaster, un cousin pauvre d’Edward, et Micky Miranda, fils d’un grand propriétaire terrien d’Amérique du Sud.
Ce tragique accident - mais s’agit-il d’un accident? - et les secrets qui l’entourent vont marquer à jamais ces trois garçons. Leurs destins ne cesseront plus de s’entrecroiser au fil des rivalités amoureuses et des luttes impitoyables pour s’assurer le contrôle de la banque.
Bureaux lambrissés d’acajou des grands temples de la finance… Bas-fonds où les gentlemen s’encanaillent dans le jeu ou la débauche…
En faisant le récit haletant des passions qui déchirent cette famille de grands banquiers, Ken Follett redonne vie à la fascinante Angleterre victorienne. Dans toute sa splendeur. Dans toute sa noirceur.

# Mon Avis #

Je n'arrive pas à dire si j'ai aimé ou non ce pavé.

Il avait tout pour me plaire: cadre intéressant [ époque victorienne...], intrigue pleine de suspense, histoires de famille, amours contrariés, personnages assez fouillés, auteur dont j'ai apprécié d'autres livres [ Les Pilliers de la terre et Le 3ème jumeau].

Que demander de plus, me direz vous?

Et bien pourtant, je n'en ressors pas totalement conquise. Certe cela se passe à l'époque victorienne...mais il ne faut pas s'attendre à un roman victorien. La référence à Dickens sur la couverture ne me convainc pas vraiment: bien sûr Ken Follett nous fait pénetrer au coeur de la société victorienne, en nous entraînant dans ses pires dépravations, nous révelant hypocrisie et vices. On est pourtant à des lieux de la critique ironique et pleine d'humour d'un Dickens. Ici, pas de pudeur; c'est dur, cru, sans conscession. Trop cru parfois.Quelques passages m'ont presque dérangée.

Rajoutez à cela quelques longueurs, des personnages un peu trop manichéens [des gentils très gentils, des méchants vraiment méchants], cela donne une impression mitigée.

A lire pour la description de cette société et pour les fans de l'auteur. Cependant rien ne vaut un bon Dickens...ou un Wilkie Collins!

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samedi 5 mai 2007

La Louve de Cornouaille

La Louve de Cornouaille de Bernard Simonay - 543p
Edition "Presses de la Cité", collection "Terres de France"



# 4ème de couverture #

Bretagne XIe siècle.
Sur les côtes sauvages de Cornouaille rôdent le Chevaucheur de la Mort et un monstre mi-homme, mi-loup. La prophétie affirme que seule une jeune fille pourrait tuer le démon...


Sterenn vit à Melran avec son père forgeron, Aodren, et le vieux guerrier Tangi. Courageuse et l'âme guerrière, elle sait manier les armes, nager, chasser. Ses dons et son charisme lui confèrent une aura presque féerique. Très tôt, elle a conscience qu'un secret terrible entoure sa naissance. En effet, des hommes venus de loin la recherchent pour la tuer. Mais pour quelles raisons ? La menace qui pèse sur sa vie puis le drame qui la frappe persuadent Sterenn de suivre son rêve d'enfant, devenir chevalier, envers et contre tout : l'Eglise, sa condition de femme, et ses ennemis inconnus...

Dans ce roman, Bernard Simonay dépeint une Bretagne médiévale, dans ses secrets et ses mystères, la réalité brute des paysans au XIe siècle et les prémices d'une épopée mythique : la chevalerie.



# Mon avis #

Avis quelque peu partial, j'apprécie beaucoup cet auteur depuis que j'ai découvert Phénix.

J'ai beaucoup apprécié ce roman, dense et fouillé. Comme d'habitude chez cet auteur, son livre regorge de centaines de détails historiques et culturels, qui se disséminent dans le roman sans le rendre assomant.

Le suspense et l'aventure sont toujours présents malgré certains rebondissements quelque peu prévisibles, voir un peu trop "romanesques". Cela est d'ailleurs un des défauts de ce livre, ainsi qu'une héroïne quasi parfaite.

Cependant on pardonne volontier ces côtés romancés, car l'auteur nous emporte avec fougue dans ce monde de chevalerie naissante, à la suite de personnages attachants. Les pages défilent à toute vitesse, et on en redemande.

Bref, une belle lecture divertissante...et instructive en même temps.
A découvrir pour ceux qui ne connaissent Simonay que dans ces oeuvres de Fantasy/SF: cet auteur est un talentueux touche à tout!

Au fait, quelqu'un a-t-il lu ses polars ou sa saga égyptienne ?

Posté par Morwenna06 à 11:52 - Romans historiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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