Autumn de Philippe Delerm 11
Editions du Rocher - 257p

Autumn

# 4ème de couv' #

"Livre-feu, livre-fou, conçu de main de maître, Autumn nous brûle les mains dès les premières pages, en nous entraînant dans le périple insensé des peintres préraphaélites. L'aventure de Dante Gabriel Rossetti avec la belle Elizabeth Siddal ne serait pas ce qu'elle est sans le style de Philippe Delerm. Un style romanesque, cela va sans dire. Mais un style tout de même. À envoûtement du lecteur s'ajoute la magie des mots. Des mots somptueux, issus de l'ultime clarté de ces jours d'automne. Autumn est un vrai roman, avec des personnages qui se déchirent, des visages connus, comme ceux de Swinburne ou de Lewis Carroll. Le déploiement des couleurs s'efface derrière les ténèbres d'un destin en clair-obscur. On se demande, alors, si le te n'est pas le comble de la misère, et si le recours aux radis artificiels ne masque pas d'autres détresses. Philippe Delerm est un voleur de vie, mais comme c'est beau et bien dit !"
Valérie Marchand - Politis, mars 1990


Portrait de Lizzie Siddal par Dante Gabriel Rossetti

# Mon Avis #

J'ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir rédiger cette critique. Il est difficile de parler de ce petit bijou...
Essayons tout de même...

Autumn nous conte l'histoire d'un mouvement artistique que j'apprécie beaucoup: le préraphélisme. On y plonge en plein coeur, découvrant sa naissance, ses idées, ses objectifs. Et surtout, ses membres.

Delerm ne nous invite pas à partager une thèse de peinture, ni un exposé sur le préraphélisme. Non, il nous convie à une réunion avec les peintres et leurs compagnes. Il nous entraînent sur les pas des artistes, en nous faisant vivre leurs vie pendant quelques années. On suit la confrérie dans leurs succès, leurs tourments, leurs disputes. Dans leurs amours, aussi. Ainsi, Delerm se focalise surtout sur l'histoire tragique de Dante Gabriel Rossetti et sa compagne, sa muse, sa femme : la flamboyante Elizabeth Siddal.  Deux personnages entiers, passionnées, fragiles, unis par un amour destructeur, une relation d'idôlatrie.

A vrai dire, je suis encore sous le choc de ce roman. Je ne m'attendais pas à ressentir autant d'émotions. Bien sûr, je pensais aimer, ne serait ce que grâce au contexte. Cependant, j'ai plus qu'aimé: j'ai été "prise aux tripes", envoûtée, et il m'a été difficile de quitter ce roman, ces personnages, cette ambiance douce-amère...

Un dernier mot sur le style: il est brillant. je ne connaissais pas Delerm, et je ne sais si ces autres romans sont du même accabit. Pour celui-ci en tout cas, je ne puis qu'être admirative. Sa plume est délicate, mais aussi presque sensuelle; les phrases se déploient longuement, voluptueuses, admirables. Un style qui "colle" parfaitement au récit, et lui confère un aura, une dimension tragique, une atmosphère...

Bref, un gros coup de coeur!


Beata Beatrix  - Rossetti [portrait posthume de Elizabeth Siddal]

 

Merci à La Liseuse pour son magnifique billet qui m'a donné envie de lire ce livre.