J'ai bien peur de devoir vous négliger quelques temps;... du moins jusqu'à samedi je pense.

Pour me faire pardonner - et pour donner un avant goût de ma prochaine critique, à savoir l'inégalable Jane Eyre, relu pour la 4ème fois - voici un poème d'Emily Brontë.

Je viens juste de découvrir les oeuvres poétiques de cette toute jeune femme...My Good, quel talent dans cette famille !!!

 

 

Boreas
" Boreas "  - J.W.Waterhouse

Avec fracas dehors le vent grondait
Dans le ciel pâli de l’automne,
Froide et drue, la pluie qui tombait à flots
Parlait d’hivers de tempête proches.

Bien trop pareils à ce morne soir.
Des soupirs, d’un chagrin plaintif —
Des soupirs d’abord — mais brefs,
Doux. Avec quelle douceur exhalés !
Des mots sauvages d’une vieille chanson,
Indéfinie, sans nom —

“C’était le printemps, car l’alouette chantait.”
Ces mots-là créaient une magie —
Ils descellaient une source profonde
Qu’Absence ni Distance ne peuvent tarir.

Dans la tristesse d’un gris novembre
Ils disaient la musique de mai —
Ils ranimaient la braise mourante
D’une ferveur qui ne s’éteindrait

Éveillez sur toutes mes chères landes
Le vent dans sa gloire et son orgueil !
O appelez-moi des vallées et des montagnes,
Que je marche au bord du torrent !
Il s’est gonflé des premières neiges ;
Les rochers sont blanchis et glacés
Plus sombre ondoie autour la longue bruyère
Sur les fougères le soleil ne luit plus.

Emily Brontë [1818 -1848]
Emily Brontë.Tableau de Branwell Brontë (retouché graphiquement).
Emily par son frère Branwell