Bon après une longue absence, me voilà de retour avec un roman atypique, inclassable, phénoménal, imposant surtout !
J'ai nommé :

Jonathan Strange & Mister Norrell de Susanna Clarke
Robert Laffont - 850p

Jonathan Strange et Mr Norrell

Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. Dans une scène éblouissante, il prête parole et mouvement aux statues de la cathédrale d’York. La nouvelle du retour de la magie en Angleterre se répand jusque dans les frivoles salons londoniens. Pédant, prétentieux, Mr Norrell devient pourtant la coqueluche de la noblesse londonienne. Mais lui veut davantage : aider le gouvernement dans sa guerre contre Napoléon. Il bloque les Français en rade de Brest grâce à une immense flotte anglaise composée de navires nés de la pluie, et dote les côtes britanniques de charmes protecteurs.
Aider le royaume d’Angleterre n’est pas l’unique obsession de Mr Norrell. Car il veut aussi, et surtout, éliminer tout rival possible. C’est compter sans la prophétie : Deux magiciens paraîtront en Angleterre. Le premier me craindra ; le second de me voir brûlera. Et bientôt il croise sur son chemin un brillant jeune magicien, Jonathan Strange. Ce dernier est charmant, riche, un brin arrogant, mais imaginatif et courageux. Mr Norrell, séduit, le prend pour élève. Ensemble, ils éblouissent le pays de leurs exploits. Mais leur association tourne vite à la rivalité…

Plus de deux millions d’exemplaires vendus à ce jour, prix Hugo, prix Locus du premier roman, BookSense du roman de l’année, roman de l’année du Time Magazine, traduit dans dix-sept pays, bientôt adapté au cinéma par les studios NewLine, Jonathan Strange & Mr Norrell, publié sous deux couvertures différentes (soit noire, soit blanche) est un phénomène.

# Mon Avis #

Ben à vrai dire, il m'est difficile de donner un avis clair et tranché. Ais-je aimé ce roman ? Hum... je ne l'ai pas détesté, c'est donc que j'ai aimé.

Au départ, je me suis offert ce livre grâce à sa superbe couverture. Disons le tout de suite : le livre, en tant qu'objet, est original et attirant. Mystérieux. Je me suis demandée ce que cachait cette couverture noire, ce pavé aussi épais que mon Encyclopédie Hachette 2000.
Seulement côté facilité de lecture, on repassera. Ce n'est pas précisement le type d'ouvrage que l'on glisse dans son sac à main...  Jonathan Strange & Mr Norrell a donc attendu sagement sur une étagère que je me décide à l'ouvrir.

Alors, me direz-vous ? Cet achat impulsif en valait-il le coup ? Je pense que oui.  Bien sûr cela ne plaira pas à tout le monde. La référence à J.Austen n'est pas exagérée, on retrouve son humour pince-sans-rire, sa verve ironique. On pourrait même ajouter une pincée de Dickens pour les descriptions et les personnages quelque peu loufoques...et l'humour, of course. Seulement on retrouve aussi leur côté, comment dire, un peu "lent".  Il ne se passe pas grand chose dans cet ouvrage. Ou plutôt, il se passe des choses, mais sur un très très grand nombre de page.
Le rythme est de plus ralenti par une foultitude de notes, qui s'étendent parfois sur plusieurs bas de pages : références à de nombreux ouvrages (imaginaires !), anecdotes diverses... Bref, cela enrichit le livre, rend l'univers plus complexe, mais casse le rythme narratif.

Bien sûr, il y a de la magie; mais très peu. Nos deux magiciens ne sont pas des Gandalf, Belgarath ou autres Merlins. La magie n'est ici qu'un prétexte pourrait-on dire. Cela apporte une touche de fantaisie et d'originalité, aide l'action (si si il y a quand même un peu d'action ), mais ne vous attendez pas à voir des fées, elfes ou dragons à tous les coins de rues. En clair, la magie se trouve au centre de l'ouvrage mais on ne la voit que très peu agir.

Quant aux personnages, qu'en dire. Ils sont charismatiques, bien définis, parfois "loufoques" (à l'image d'un Mr. Micawber chez Dickens); mais attachants ? Pas vraiment. Autant chez Austen les héros & héroïnes me touchent, autant ici, hormis peut-être le couple Strange, je suis restée très extérieure aux protagonistes.

Néanmoins, j'ai quand même pris plaisir à savourer ce roman dense et touffu, son humour particulier. Malgré son rythme lent et une certaine absence d'empathie, j'ai eu du mal à le quitter (il m'a fait 3 jours ^^), surtout passées les 200 premières pages - qui correspondent en gros à une loooonnngue introduction [cf les premiers chapitres du Seigneur des Anneaux... (ou même le début de L'Homme qui Rit de Hugo)].

 

Bref, une très bonne lecture, pas la révèlation promise pas les critiques dityrambiques, mais un excellent moment tout de même. Je pense que cet ouvrage plaira sûrement aux amateurs de littérature anglaise du XIXème, de personnages singuliers, d'un humour discret mais qui fait mouche, et qu'une intrigue bien ficelée mais pas forcément très dynamique ne rebute pas.